Légitime dépense


Musique sur Internet

Émission du 9 novembre 2009

Journaliste(s) à la recherche : Matthieu Mortézaï

Alors que les ventes de disques battent de l'aile, la vente de musique au format numérique est en pleine envolée! En 2008, les Québécois ont acheté 6 fois plus de musique en ligne qu’il y a 4 ans. La façon de consommer vos chansons préférées change lentement mais sûrement. Légitime dépense propose un mode d'emploi pour vous procurer votre musique en ligne de façon sécuritaire, efficace et légale… Découvrez aussi comment démasquer les pirates qui ne retournent pas un sou aux artistes!

Thème(s) : Informatique et Internet , Sports et loisirs

Musique sur Internet

Alors que les ventes de disques prennent du plomb dans l'aile, la vente de fichiers musicaux en ligne prend, lentement mais sûrement, son essor au Québec.

À preuve, selon l’Institut de la Statistique du Québec (http://www.stat.gouv.qc.ca/salle-presse/communiq/2009/juin/juin0918.htm ), les québécois ont acheté 6 fois plus de musique en format numérique en 2008 qu’en 2005.

Adepte de longue date de l’achat de musique en ligne, David Desjardins est rédacteur en chef de l’hebdo culture Voir de Québec (http://www.voir.ca). Il a quelques trucs et conseils d’initié pour permettre une transition en douceur vers le numérique.

Chaque médaille à son revers

Parmi les avantages de l’achat de musique en format numérique figurent notamment : la capacité d’acheter des morceaux à l’unité, la possibilité d’écouter des extraits avant d’acheter et aussi, bien sûr, l’opportunité de faire tout ça sans avoir à sortir de chez soi et au moment où on le désire.

Malheureusement, il n’y a pas que des avantages à cette nouvelle façon de distribuer la musique. D’abord, les fichiers numériques sont – la plupart du temps – compressés. Du coup, leur qualité sonore s’en trouve affectée à un degré plus ou moins grand selon le taux de compression utilisé.

« Contrairement à ce que plusieurs disent, on n’a pas la même qualité sonore qu’avec des disques », nous rappelle notre adepte de musique.

Autre inconvénient de la musique en ligne, il n’est pas nécessairement possible de télécharger une pièce une seconde fois sans avoir à la payer de nouveau. Résultat, si jamais, pour une raison ou l’autre, on perdait ses données, ça pourrait coûter cher de refaire sa discographie.

Pour éviter le pire, il est donc essentiel d’effectuer régulièrement des sauvegardes de tous ses fichiers numériques sur un support externe tel une clé USB ou un DVD en tenant compte du fait que tout ça n’est pas éternel.

Attention au format!

Il existe plusieurs formats de fichiers musicaux numériques. Le plus connu et le plus universel étant le MP3. « C’est le format qui fonctionne avec tous les lecteurs », résume le rédacteur en chef du Voir de Québec.

Mais il en existe plusieurs autres, notamment les « WMA » de Microsoft et le format « AAC » (fichiers «M4a ») qu’utilise Apple. La question du format est importante tout simplement parce que les lecteurs ne sont pas compatibles avec tous ces formats de fichiers. Si vous ne faites pas gaffe, vous pourriez donc acheter une pièce, voir même un album, et être incapable de l’écouter sur votre baladeur numérique.

« C’est possible de reconvertir les fichiers d’un format à l’autre en utilisant un logiciel comme iTunes, mais c’est un peu fastidieux, explique David Desjardins. Aussi bien acheter directement le format qui nous convient ajoute-t-il », poursuit-il.

Les formats de fichiers varient d’une boutique en ligne à l’autre, et parfois même à l’intérieur du catalogue d’une même boutique. D’où l’importance de bien se renseigner avant de passer à la caisse virtuelle.

Plus de débit pour un meilleur son

Au chapitre des choses à vérifier avant d’acheter, le débit binaire en est une autre importante puisque directement relié à la qualité sonore que vous offrira le fichier numérique. Le débit binaire se mesure en kilobit par seconde. L’inscription à rechercher est un chiffre suivi des lettres kbps ou kbit/s. Cette unité de mesure est directement en lien avec le taux de compression. « Plus le débit binaire est élevé, plus le fichier offrira une qualité sonore proche de l’original dont il est issu », résume David.

Comme consommateur, il importe donc de rechercher des fichiers ayant un débit binaire le plus élevé possible. Bien que les avis soient partagés sur la question, beaucoup s’entendent pour dire qu’à partir de 256 kbps il est pratiquement impossible pour le commun des mortels de percevoir une différence.

« Sur un très bon système de son, on entendra la différence, mais sur des petits hauts parleurs d’ordinateur ou des écouteurs de iPod, ça ne fera pas vraiment de différence » précise notre intervenant.

Au minimum, avec un débit binaire de 192 kbps, la plupart des gens seront contents de ce qu’ils entendront sur leur baladeur.

Les GDN (ou DRM)

Les fichiers achetés en ligne intègrent parfois un système de protection/sécurité qu’on appelle « Gestion de Droits Numériques » ou « Digital Rights Management ».

« C’est un système qui sert à protéger les droits d’auteur, une sorte de cadenas qui vise à limiter la copie et la rediffusion des fichiers musicaux», explique notre expert.

Bonne chose pour les artistes! Malheureusement, au passage, les GDN limitent l’utilisation pour l’usager et rendent parfois les fichiers illisibles sur certains appareils. Pour un maximum de latitude, on devra donc le plus possible essayer d’acheter des fichiers musicaux exempts de ce genre de protection.

Les deux principaux joueurs dans la distribution de musique en ligne au Québec, soit iTunes et Zik.ca (le portail d’Archambault), offrent depuis peu pratiquement toutes leurs chansons sans licence de gestion de droits. Notons que les fichiers en format MP3 sont, jusqu’à présent, toujours exempts de GDN.

Le choix des boutiques en ligne

Ce n’est pas le choix qui manque en matière de boutiques de musique en ligne. Mais dans la plupart des cas, on va trouver ce que l’on cherche, qu’il s’agisse d’artistes québécois ou étrangers, sur les deux plus populaires au Québec, soit : iTunes.ca (Apple) et Zik.ca (Archambault).

Si on a un baladeur d’Apple, on va probablement apprécier la facilité et la transparence d’utilisation du logiciel iTunes. « Dans une seule et même interface, on peut gérer sa bibliothèque, acheter, écouter et même transférer de la musique vers son iPod », explique notre adepte de musique en ligne.

De son côté, Zik.ca, le portail musical d’Archambault, a l’avantage d’offrir maintenant tous ses fichiers en format MP3 et à un débit binaire de 320 kpbs.

Peu importe le détaillant virtuel que l’on choisira, il faudra s’attendre à payer au bas mot, 99 cents par morceau et autour 10 à
16 $ par album. Fait à noter, on a la chance de payer le même tarif qu’aux États-Unis, mais en devises canadiennes, donc un peu moins cher qu’ailleurs dans le monde.

Méfiez-vous des aubaines!

Si vous vous aventurez à acheter sur des sites moins connus ou à l’échelle internationale, une petite mise en garde s’impose cependant. « Attention à certains sites, souvent basés en Russie par exemple, vendent des chansons à une fraction du prix, soit 25 cents par morceau par exemple. On y exploite le désir des gens d’alléger leur conscience et en même temps de faire des économies. Souvent, cependant, les chansons offertes sur ces sites là sont piratées et les artistes ne reçoivent pas un sous ».

Pour ceux qui chérissent encore amoureusement leurs pochettes de disques et ne peuvent se résoudre à cesser de visiter leur disquaire, il y a toujours l’option d’acheter des disques et de les numériser ensuite sur un ordinateur. Ça revient un plus cher, mais c’est sans aucun doute le meilleur des deux mondes.

Liens utiles :

Pour écouter :
o http://www.postedecoute.ca
o http://www.lastfm.fr/
o http://www.myspace.com/

Pour acheter :

o http://www.apple.com/ca/itunes/
o http://www.zik.ca/zik/
o http://www.puretracks.com/content/viewer.aspx?cid=GlobalNav_Home
o http://www.bluetracks.ca/(pour les indépendants)
o http://www.emusic.com/