Légitime dépense


Les composteurs

Émission du 25 mars 2013

Journaliste(s) à la recherche : Florence Riel St-Pierre

Comme la majorité des Québécois, vous recyclez déjà. Par contre, le compostage ne fait peut-être pas encore partie de votre mode de vie, mais vous avez décidé d’y remédier. Alors, de quoi avez-vous besoin si votre municipalité n’offre pas ce service? Et combien cela vous coûtera-t-il? Légitime dépense en discute avec une experte du compostage.

Thème(s) : Divers

Les composteurs

Comme la majorité des Québécois, vous recyclez déjà. Le compostage ne fait toutefois peut-être pas encore partie de votre mode de vie, mais vous avez décidé d’y remédier. Quand on sait que le Québec compte parmi les plus importants producteurs de déchets au monde, le compostage s’avère une excellente habitude à prendre. Légitime dépense a invité une experte du compostage pour répondre à nos questions.

Seulement 12 % des 1,38 million de tonnes de résidus alimentaires et de résidus verts générés par les ménages québécois sont récupérés. En 2010, près de 250 organismes municipaux offraient pourtant la collecte des résidus verts durant l’été, mais on estime que seulement 5 % des ménages québécois ont accès à un service de collecte des matières organiques qui inclut les résidus alimentaires.

Que doit-on savoir avant de choisir son composteur?

D’abord, déterminez vos objectifs : réduire votre production de déchets, agir par souci environnemental ou le simple désir d’avoir du terreau fertile pour vos fleurs et plantes potagères? Cela vous aidera à déterminer le type et l’intensité de compostage que vous réaliserez à la maison, en plus d’identifier le genre de matière que vous composterez, ce qui influencera sur l’équipement à utiliser.

Ensuite, décidez d’un endroit à l’extérieur de la maison pour placer un bac à compostage. Sera-t-il en contact direct avec le sol dans le fond du jardin ou plutôt sur le balcon?

Si vous disposez d’une cour et d’espace

Si vous avez l’espace dans la cour pour un composteur plus traditionnel, on recommande surtout un système par boîtes. C’est le plus courant, cela fonctionne bien et c’est économique. C’est en fait un cube sans fond, avec un couvercle. Le composteur est en contact avec la terre. Alors, il ne génère pas beaucoup de jus de compost, aussi appelé lixiviat. Il y aura un échange entre le sol, ses insectes et le compost. L’inconvénient : il faut brasser le tout manuellement de temps à autre. Il peut être en bois, en plastique ou, parfois, en métal.

Une unité fermée coûtera (si vous avez accès à des subventions par votre arrondissement ou votre municipalité) de 30 $ à 50 $. Si vous déboursez le plein prix dans une quincaillerie : de 75 $ à 150 $, selon le modèle. Évidemment, on en trouve de tous les prix.

Bois

Plusieurs le jugent plus durable du point de vue environnemental, et il a une esthétique plus naturelle. Par contre, on ne peut pas utiliser tous les types. Il faut que ce soit du cèdre ou un autre bois résistant à la dégradation microbienne. Il aura une durée de vie de 5 à 10 ans, selon l’entretien apporté et l’intensité d’utilisation.

Le bois traité est à éviter si l’on veut employer notre compost dans nos plantes potagères. Par contre, si l’objectif est d’éviter d’envoyer nos déchets à l’enfouissement et qu’on va fertiliser des fleurs et des arbres, cela peut être une option intéressante, car sa durée de vie est plus grande.

Plastique

Plusieurs hésitent à engraisser leur potager avec des végétaux en contact prolongé avec du plastique. Il faut effectivement s’assurer que le tout est bien ventilé et non complètement hermétique. Il faut également choisir un plastique résistant aux UV. Sinon, à long terme, le plastique se fragilisera au soleil. En général, ce matériau est plus durable par rapport à la dégradation microbienne. Un bac résistant aux UV, pas installé en plein soleil et peu endommagé par les retournements de compost durera de 10 à 20 ans. Et certains plastiques peuvent être recyclables, comme le polyéthylène à haute densité.

Vermicompostage (pour le balcon ou la maison)

Cela nécessite simplement un bac légèrement adapté pour permettre un bon écoulement du lixiviat et procurer un habitat favorable aux vers de terre. Certaines unités sont aussi munies de valves pour laisser écouler le lixiviat. D’autres sont complètement fermées, mais avec du gravier dans le bas pour que les vers ne baignent pas dans le jus de compost, qui finit par s’évaporer.

Ce type de composteur est un peu moins performant qu’un composteur dans la cour, car il peut gérer moins de matière, sauf si l’on en compte plusieurs. Mais cela produit un compost de qualité largement supérieure. Celui-ci regroupe plus de micro-organismes bénéfiques pour les plantes, donc plus de champignons et bactéries. Le compost aura une texture très fine, très esthétique, avec peu de débris, contrairement à celui de jardin. L’autre avantage est que les vers s’occupent du brassage pour vous! Il demande cependant un suivi un peu plus serré. On ne doit pas laisser les vers mourir de faim. On peut partir deux semaines et leur donner du papier journal. Mais si l’on quitte pour deux mois, ce sera plus problématique.

Généralement, les fabricants de tels composteurs vous les vendront tout assemblés avec un terreau de base inclus, ainsi que les vers et les instructions, ce qui facilitera votre vie. Comptez de 35 $ à 70 $.

Vous pouvez aussi faire votre composteur de type vermicompostage vous-mêmes. Vous achetez un bac de plastique (comptez moins de 20 $), placez du gravier au fond pour le drainage, ou percez des trous pour l’écoulement (en prenant soin de mettre un couvercle dessous). Ensuite, vous y mettez les vers qui viennent dans un bac avec un terreau de départ, que vous pouvez dénicher dans les Éco-quartiers, les universités ou chez des producteurs (un bac de vers environ 50 $). C’est très facile à concevoir. Ensuite, la colonie de vers va s’agrandir et finira par atteindre une grandeur proportionnelle à la quantité de nourriture que vous lui donnerez. Vous n’aurez jamais un bac qui débordera de vers!

Composteur de type traditionnel, sans vers

Il existe aussi des unités pouvant être totalement hermétiques et rotatives, qui pivotent sur un axe ou sont suspendues. En tournant sur elles-mêmes, elles font en sorte que le lixiviat s’évapore. Vous n’en collecterez donc pas. Ces unités sont généralement plus petites, pour le balcon. On ne peut pas les remplir au complet parce qu’on ne pourra plus y faire fonctionner les mécanismes de rotation. Elles sont toutefois davantage esthétiques.

Et les odeurs?

Ça sentira au minimum la terre mouillée. Par contre, l’excès d’humidité peut entraîner des odeurs proches de celle de fermentation, vinaigrée, âcre. Si le compost manque d’air, ou si vous employez une mauvaise recette et que vous n’avez pas assez de matières brunes, vous pourriez avoir un excès d’azote. Alors, cela sentira l’ammoniac, comme le fumier de poule. Les fruits et légumes n’entraînent pas d’odeurs en général.

Intervenante :

Louise Hénault-Éthier
Conférencière experte d’Équiterre (compostage domestique)

Pour en savoir plus :

Le compostage, Conseil canadien du compostage : http://www.compost.org/FrAboutComposting.htm

Petit guide du compostage domestique, Ville de Montréal
http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ENVIRO_FR/MEDIA/DOCUMENTS/guide_compost.PDF

Le compostage, Ville de Québec
http://www.ville.quebec.qc.ca/environnement/matieres_residuelles/compostage/index.aspx

Le compostage – simple et naturel, Équiterre
http://www.equiterre.org/geste/le-compostage-simple-et-naturel

Guide sur le compostage domestique, Recyc-Québec
http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/upload/Publications/le_compostage_facilite.PDF