Légitime dépense


Les traitements antipuces

Émission du 11 mars 2013

Journaliste(s) à la recherche : Marianne Chouinard

Tout propriétaire d’un chien ou d’un chat allant à l’extérieur doit prévenir les puces, chaque année. Pour y parvenir, il existe notamment des poudres, aérosols, gouttes et colliers. Ces produits sont-ils tous efficaces? Et pourquoi paye-t-on plus pour des articles vendus chez le vétérinaire? Légitime dépense vous aide à vous protéger contre ces indésirables envahisseurs.

Thème(s) : Animaux de compagnie

Les traitements antipuces

Bien que l’hiver donne un répit à pitou et minou, la saison chaude aura tôt fait de ramener leurs ennemis jurés : les puces. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, Légitime dépense explore les différentes options de prévention sur le marché.

Avant de combattre l’ennemi, il faut savoir à qui l’on a affaire. La puce se distingue à l’œil nu. Facile à reconnaître, elle est brun foncée et a de petites pattes à l’avant et de grosses à l’arrière. Sans ailes, elle peut sauter jusqu’à 20 centimètres à la verticale et 41 à l’horizontale.

Bien qu’elle puisse causer des démangeaisons à votre animal, en raison de ses piqûres, ou même lui transmettre des maladies, la puce est nuisible bien avant d’être adulte. En effet, la vingtaine d’œufs qu’elle peut pondre par jour tombent de l’animal et se logent dans notre environnement, entre autres dans les fentes de plancher. Le processus de développement de l’œuf jusqu’à la puce adulte prend environ trois semaines dans de bonnes conditions jusqu’à cinq mois. De l’œuf naît une larve, qui se transforme ensuite en pupe puis en puce. « Le gros du problème, ce ne sont pas les puces, mais les œufs et les larves qu’on retrouve dans l’environnement, explique Dr Claudia Gilbert, vétérinaire de l’Hôpital vétérinaire de Pierrefonds. Une fois qu’on a tué les puces sur l’animal, ce qui est assez facile, il reste les œufs et les larves et cela peut prendre jusqu’à cinq mois avant que ces œufs deviennent des puces. » Il est donc important de continuer le traitement pour prévenir une récidive.

Même si le problème de puces est moins important au Québec à cause de l’hiver qui neutralise la prolifération d’insectes, la fin de l’été et l’automne sont des périodes propices à en attraper. Il faut donc commencer à prévenir bien avant. Dr Claudia Gilbert conseille de commencer les traitements au début du mois de mai.

Médicaments

Chez le vétérinaire, vous trouverez différents médicaments. Ceux-ci nécessitent une ordonnance, parce qu’ils traitent davantage de parasites que les puces et les tiques. C’est ce qui explique pourquoi ces produits vendus uniquement par les vétérinaires sont plus dispendieux que les insecticides en magasin.

En clinique, vous trouverez Révolution, qui coûte environ 25 $ par mois. Ce médicament élimine les puces et les tiques, mais également les parasites intestinaux. Il est parfois nécessaire de réaliser un examen de l’animal avant de le traiter. Une consultation se détaille en moyenne de 45 $ à 65 $. Elle n’est pas obligatoire dans les cas où l’animal a été examiné au cours de l’année.

Quant à Advantage, il ne nécessite ni ordonnance ni examen, mais il ne vise que les parasites externes. Il coûte environ 15 $ par mois.

Insecticides

En magasin, vous trouverez plutôt des insecticides à appliquer de différentes façons. Une des méthodes les plus connues est le collier antipuce, mais sachez que c’est loin d’être le moyen le plus efficace. « Les colliers protègent autour du cou, mais pas le reste du corps, explique Gaby Dufresne-Cyr, propriétaire du commerce Dogue Shop. Et les puces se situent principalement au cou, mais aussi à l’arrière-train. L’animal peut donc en avoir à l’arrière du corps, même avec un collier. »

Les fioles s’avèrent donc un moyen plus efficace. Vendues en paquet de trois ou quatre au coût de 10 $ à 20 $, selon la marque, elles s’appliquent entre les omoplates. Le produit est alors dispersé sur le corps grâce aux mouvements naturels de l’animal. En raison des doses qui divergent, il est important de ne pas mettre des gouttes pour chat sur un chien, ou l’inverse.

Les insecticides sont aussi vendus sous forme de shampoings, de mousse et de poudre. Ces options sont toutefois moins populaires, puisque plus longues à appliquer. De tels produits se détaillent de 5 $ à 20 $ selon le format et la marque.

Et peu importe l’article en vente libre que vous choisirez, assurez-vous de lire attentivement les contre-indications. « Si on ne les suit pas ou qu’on combine toutes sortes de produits, on pourrait intoxiquer notre animal, précise Gaby Dufresne-Cyr. Il faut se rappeler que ce sont des produits chimiques. »

Terre diatomée

Si vous êtes réticents à donner des médicaments ou à appliquer de l’insecticide sur votre animal, la terre diatomée pourrait être la solution. « La diatomée est une algue microscopique fossilisée qu’on extrait et qu’on raffine. Ça ressemble à une boule de velcro qui s’attache aux parois cellulaires, puis les assèche », explique Gaby Dufresne-Cyr. La terre diatomée appliquée régulièrement sur le poil de l’animal constitue un bon moyen de prévention. En cas d’infestation, les effets peuvent être beaucoup plus longs, donc moins efficaces.

Si vous optez pour cette solution, assurez-vous de vous procurer de la terre diatomée de consommation humaine qu’on trouve dans certaines boutiques d’aliments naturels. Celle vendue en quincaillerie et chez les exterminateurs contient des produits chimiques ajoutés.

Comment détecter les puces sur un animal?

Enfin, pour savoir si votre animal a des puces, ne vous fiez surtout pas à sa fréquence de grattage. Certains animaux ne réagissent pas aux piqûres de puces, alors que d’autres y sont très sensibles. Un simple test vous permettra d’en avoir le cœur net. « Il suffit de placer notre animal au-dessus d’une feuille blanche ou d’un essuie-tout humide, puis de lui gratter le bas du dos. Si des particules noires tombent sur la surface et deviennent rouges au contact de l’essuie-tout humide ou lorsqu’on les écrase, ce sont des excréments de puces, donc du sang », explique Gaby Dufresne-Cyr.

Retenez qu’une bonne prévention sera toujours plus simple et moins cher qu’un traitement contre une infestation. Alors, à vous de jouer : médicaments, insecticides, terre diatomée… ici, la dépense est légitime pour la quiétude de votre animal et la vôtre!

Intervenants :

Gaby Dufresne-Cyr
Propriétaire du Dogue Shop

Dr Claudia Gilbert
Vétérinaire
Hôpital vétérinaire de Pierrefonds

Pour en savoir plus :

Santé Canada :
http://www.hc-sc.gc.ca/cps-spc/pubs/pest/_pnotes/flea-puce/index-fra.php