Légitime dépense


Inspection de fin de location de votre véhicule

Émission du 22 octobre 2012

Journaliste(s) à la recherche : Florence Riel St-Pierre

Le contrat de location de votre véhicule tire à sa fin. Vous devez donc remettre votre véhicule à la compagnie de location, qui procèdera à une inspection pour vérifier son état d’usure. Mais saviez-vous qu’environ le quart, voire le tiers des véhicules retournés ont des dommages qui seront facturés au client? Ces coûts oscillent entre 300 $ et 800 $, mais peuvent parfois être beaucoup plus hauts. L’Association pour la protection des automobilistes (APA) a déjà vu un cas où ces frais dépassaient les 5000 $ pour une estimation qui s’élèverait normalement entre 800 $ et 1300 $. Voici donc quelques conseils de notre expert Georges Iny de l'APA pour vous éviter de mauvaises surprises une fois votre véhicule rendu.

Thème(s) : Automobile et autres transports

Inspection de fin de location de votre véhicule

Le contrat de location de votre véhicule tire à sa fin. Vous devez donc remettre votre véhicule à la compagnie de location qui procédera à une inspection pour vérifier son usure. Mais saviez-vous qu’environ le quart, voire le tiers des véhicules retournés ont des dommages qui seront facturés au client ? Ces coûts oscillent entre 300 $ et 800 $, mais peuvent parfois être plus dispendieux. L’Association pour la protection des automobilistes (APA) a déjà vu un cas où ces frais dépassaient les 5000 $ pour une estimation qui normalement s’élèverait plutôt entre 800 $ et 1300 $. Voici donc quelques conseils qui pourraient vous éviter de mauvaises surprises.

Qui doit procéder à l’inspection du véhicule ?

Le consommateur croit à tort que c’est le concessionnaire qui procèdera à l’inspection, mais ce n’est pas le cas. Les concessionnaires délèguent l’inspection à des tiers. L’évaluation est souvent effectuée alors que le consommateur a déjà remis le véhicule ; celle-ci est ensuite envoyée au client, parfois quelques semaines plus tard. Pendant ce laps de temps, le véhicule a souvent déjà été vendu à l’encan. Le locataire n’a donc pas l’opportunité de faire corriger les défauts à un prix raisonnable. Généralement, la perte de valeur sur le véhicule est moindre que le devis qu’on vous a envoyé.

Évaluations plus sévères depuis 2008

Par le passé, les locateurs de voiture ont perdu beaucoup d’argent sur des valeurs résiduelles de fin de bail plutôt optimistes. Des pertes qu’ils essaient maintenant de contrôler avec des évaluations plus sévères des dommages pouvant être réclamés. Les concessionnaires avaient tendance à évaluer l’usure du véhicule au bénéfice du locataire dans le but de conserver leurs clients réguliers. Mais, depuis la crise économique de 2008 qui n’a pas épargné l’industrie de la location, certaines entreprises sont devenues plus sévères.

Usure normale

Auparavant, les clauses étaient tellement abusives – elles exigeaient presque une voiture neuve à la fin du contrat – qu’elles sont maintenant interdites. On utilise simplement le terme « usure normale », définition qui varie d’un constructeur à l’autre, et même d’un bailleur de fonds à l’autre.

Problèmes pouvant survenir lors de l’inspection

Les pare-chocs

Les pare-chocs en plastique des voitures modernes sont faciles à endommager. Si des réparations sont nécessaires, il faut prévoir 400 $ ou plus par pare-chocs.

Les pneus

Les normes requièrent en général qu'au moins trois des quatre pneus soient de la même taille, de la même marque et de la même qualité que les pneus originaux. Parfois, on exige que chaque essieu possède deux pneus de la même marque. En cas de non-respect, le consommateur pourrait devoir payer quatre nouveaux pneus. Une solution moins dispendieuse serait de remplacer les pneus par quatre usagés ou d’acheter deux nouveaux pneus équivalant aux deux pneus déjà en place sur le véhicule. De plus, il est important de vérifier les modalités de retour des pneus. Avant, la plupart des locateurs automobiles ne pénalisaient pas les consommateurs qui retournaient le véhicule avec des pneus d’hiver. Maintenant, certains locateurs accepteront s’il s’agit d’un retour effectué durant la période hivernale, alors que d’autres locateurs n’accepteront que si le consommateur retourne des pneus quatre saisons ou des pneus d’été en plus des pneus d’hiver.

Les égratignures

En ce qui concerne le pare-brise, les égratignures plus larges qu’une carte de crédit, les éclats, les fissures, les « œils-de-bœuf » et les craquelures entraînent des frais pouvant être réclamés. Les compagnies de location ont des normes concernant le nombre et la grosseur des bosses ou des défauts en surface qui sont acceptés sur un véhicule. Le plus souvent, les normes sont assez permissives. Dans le doute, la meilleure solution est de demander l’avis d’un évaluateur travaillant pour vous et qui connaît bien la politique de la compagnie de location en question. Les concessionnaires font souvent appel à des experts en carrosserie qui enlèvent les bosses sans les remplir de résine ou les peinturer, et qui effectuent le travail à un prix plus bas qu’un carrossier traditionnel.

L’intérieur du véhicule

Les trous, les déchirures et les égratignures sont tous des éléments qui peuvent occasionner des frais. La plupart de ces défauts peuvent être réparés ; les taches sur les sièges et les tapis peuvent être teintes ou enlevées par un professionnel ; la plupart des déchirures peuvent être réparées y compris celles sur les panneaux de portes en vinyle. Souvent, le locateur va avoir tendance à faire changer le recouvrement au complet plutôt que faire effectuer les réparations.

À ne pas oublier

Les locateurs s’attendent à ce que deux clés leur soient remises à la fin du bail. Pour ce qui est des clés avec télécommande intégrée, s’il en manque une au retour, le locateur pourrait en exiger le paiement ainsi que sa reprogrammation. Une clé conventionnelle coûte 15 $. Une clé avec verrouillage à distance et antivol intégrés peut coûter entre 150 $ et 500 $.

Aussi, le véhicule doit être en bon état de marche et son entretien à jour. Si le témoin d’alerte du tableau de bord indique qu’il y a des correctifs à apporter, ceux-ci pourraient être facturés au consommateur.

Des trucs pour vous préparer à la remise de votre véhicule

Deux ou trois mois avant la fin de votre bail, vérifiez l’état général de votre véhicule. Ensuite, environ un mois avant la fin du bail, prenez rendez-vous avec votre concessionnaire afin de procéder à une inspection (gratuite). Ainsi, vous disposerez du temps nécessaire pour faire effectuer les correctifs par un spécialiste en réparation, avant de remettre les clés du véhicule. Si vous ne connaissez aucun spécialiste dans ce domaine, vous pouvez toujours demander des références auprès d’un vendeur de voitures usagées. L’Association pour la protection des automobilistes (APA) a également un inspecteur qui peut vous rendre ce service au coût de 145 $, à Montréal, incluant le lavage à la main de votre véhicule. (Les membres de l’APA reçoivent un rabais de 20 $.)

Idéalement, assurez-vous que cette inspection est réalisée à la lumière du jour.

Dans le cas où l’inspection doit avoir lieu après le retour du véhicule, assurez-vous d’avoir des photos de l’intérieur de l’habitacle et de l’extérieur du véhicule y compris les dommages existants. Ainsi, si vous recevez une facture comprenant des réparations pour des dommages postérieurs à la remise du véhicule, vous aurez des preuves en main.

Protection pour une location

Les concessionnaires offrent maintenant une garantie pour tous les dommages causés lors de la location. Le prix est d’environ 750 $, qu’on ajoute à la valeur de financement du véhicule. La plupart de ces garanties couvrent les dommages excédant l’usure normale jusqu’à environ 3500 $ pour 60 mois.

Intervenant :

George Iny
Président, Association pour la protection des automobilistes (APA)

Pour en savoir plus :

Association pour la protection des automobilistes (APA)
www.apa.ca