Légitime dépense


Réfection de toiture

Émission du 15 octobre 2012

Journaliste(s) à la recherche : Dominique Sémery

Refaire sa toiture est une dépense importante que l’on fait pour longtemps. Entre le traditionnel revêtement d’asphalte, la membrane élastomère ou encore le toit blanc, comment s’y retrouver? Quels sont les avantages et inconvénients de chaque type de revêtement? On entend de plus en plus parler de toits verts pourtant, ce type d’installation ne convient pas à tous les toits. Légitime dépense vous expose tout ce que vous devez savoir avant d’entreprendre la réfection de votre toit plat.

Thème(s) : Habitation: construction, rénovation et entretien

Réfection de toiture

Votre toit plat est en fin de vie et plus question de le réparer, il faut malheureusement le remplacer. Entre le traditionnel revêtement d'asphalte, les membranes bicouches ou monocouches, le toit blanc et le toit vert, comment faire son choix. Afin de vous aider à vous y retrouver, Légitime dépense a obtenu les conseils de deux experts: matériaux, budget et précautions, attention on fait le tour de la question !

Quand on parle de réfection de toiture, surtout de toit plat, afin d’éviter les surprises, plusieurs éléments sont à vérifier :
• la composition de la toiture ;
• la colonne de plomberie doit être examinée par un plombier spécialisé qui, à l’aide d’une caméra, s’assure qu’il n’y a pas d’accumulation de gravier, de goudron, d’asphalte ou même de racines qui bloqueraient le drain ;
• la solidité du pontage ;
• la pente de la toiture qui devrait être de 2 % ;et
• les murets sur le périmètre.

Les types de revêtements de toits plats sont limités ce qui devrait faciliter votre choix !

Trois types de toitures peuvent être installés sur les toits plats :

• Les membranes multicouches, composées d’asphalte et de gravier ;
• Les membranes monocouches, soit la TPO et l’EPDM;
• Les membranes bicouches ou élastomères.

La membrane multicouche

Le type de revêtement qui a longtemps été le plus populaire est la membrane multicouche, explique Luc Paré, couvreur et président de Paréco +. Ce produit était anciennement fait avec du goudron et était très durable car le goudron se liquéfiait avec la chaleur estivale et colmatait toutes les fissures et les trous, explique André Gagné, directeur de l’expertise technique à l’APCHQ. Mais comme cette membrane est maintenant produite avec de l’asphalte plutôt que du goudron, elle est moins durable. Elle est également plus lourde que les autres revêtements, plus polluante et le gravier peut s’accumuler dans le drain.

• Coût: le véritable seul avantage de la membrane multicouche est son faible coût, entre 6 $ et 10 $ le pied carré, ce qui en fait le revêtement le plus économique.

La membrane monocouche

Les membranes monocouches existent sous 2 formes : la TPO et l’EPDM. Ces membranes ont le grand avantage d'être recyclables.

• La TPO est composée d’une base de vinyle ;
• L’EPDM est composée d’une base de caoutchouc synthétique.

Ce sont des revêtements durables, légers et résistants à la moisissure. L’inconvénient des toitures monocouches EPDM et TPO, est qu’elles sont fragiles. Elles se perforent facilement et les joints peuvent être défaillants.

La durée de vie de ce revêtement est de 15 à 30 ans, mais tout dépend de l’installation.

Coût : 6 $ à 10 $ du pi2 installé

La membrane bicouche ou élastomère


Comme son nom l’indique, la membrane élastomère est composée de 2 couches. La première est généralement posée au chalumeau, puis elle est ensuite recouverte de gravillons qui se déclinent en différentes couleurs. En raison de l’utilisation du chalumeau, il est impératif d’avoir un couvreur expérimenté. Il existe toutefois une nouvelle technique de pose à froid.

C’est un excellent choix mais il coûte environ 30 % de plus que la membrane multicouche. Or, selon notre expert, la dépense supplémentaire est tout à fait légitime en raison des avantages dont la durée de vie prolongée qui est de 25 à 40 ans.

• Coût: environ 8 $ à 12 $ du pi2 installé

Le toit vert

Le toit vert, ou toit végétalisé, est une option écoresponsable puisqu’il diminue l’effet d’îlot de chaleur, il réduit la pollution et améliore l’isolation du toit. Cette isolation accrue réduit la consommation d’énergie liée au chauffage et à la climatisation. Mais c’est un choix qui a aussi de nombreuses contraintes et qui n’est pas à la portée de tous.

Si on décide d’opter pour un toit vert sur un vieux bâtiment, il est conseillé de prendre un ingénieur pour en vérifier la structure, car on va rajouter 10 à 15 livres du pied carré sur la toiture existante.

Mais lorsqu’il s’agit d’une résidence neuve, on construira le toit en conséquence afin qu’il puisse supporter la charge.

Coût: Il faut compter entre 10 $ à 25 $ le pi2 pour un toit vert. Mais à cela on doit ajouter les coûts d’un revêtement normal, variant entre 8 $ et 12 $ le pi2. Pour un grand total de 18 $ à 37 $ le pi2.

Les toits blancs

Mais si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un toit vert, refaire votre toiture en blanc pourrait être la solution. Cela aiderait à réduire les îlots de chaleur et diminuer de quelques degrés la température dans la maison.

On peut avoir des membranes monocouches de couleur blanche sans frais additionnel, explique Luc Paré. Pour ce qui est des membranes élastomères, il y a un léger supplément pour obtenir un toit blanc. En ce qui concerne les toits multicouches asphalte-gravier, pour un léger supplément, il est possible d’installer du gravier blanc.

Choisir son entrepreneur

Vous êtes décidé et voulez refaire votre toit, mais encore faut-il trouver un couvreur. Voici quelques conseils pour trouver le bon entrepreneur.

Lors de la réfection d’un toit plat, on recommande de faire venir au moins 3 entrepreneurs et d’obtenir de solides références.

Vous avez des doutes sur l'état réel de votre toiture ou sur les travaux à faire, faites venir un inspecteur en bâtiment, recommande André Gagné. Ce service coûte entre 300 $ et 400 $ et vous obtiendrez un avis impartial. Vous pourrez ainsi dormir sur vos deux oreilles.

Quand on a choisi notre entrepreneur, il faut vérifier :
• sa licence auprès de la Régie du bâtiment;
• et surtout ses assurances.

L’entretien

Une fois votre toit tout neuf installé, encore faut-il bien l’entretenir afin de le garder en état le plus longtemps possible et ainsi éviter d'éventuels problèmes d’infiltrations.

Luc Paré conseille de :
• s’assurer que le drain ne soit pas bouché par des débris ;
• vérifier qu’il n’y pas de joints ouverts dans le cas d'une membrane élastomère ou d'un revêtement monocouche ;
• bien recouvrir les endroits dénudés avec du gravier dans le cas de revêtement en asphalte-gravier

Tout toit plat devrait être inspecté au moins une fois par année, précise-t-il. Et dans le cas où il y a beaucoup de gros arbres surplombants la toiture, 2 fois et peut-être même 3 fois par année.

Si vous avez le vertige ou si vous ne pouvez pas monter sur votre toit pour l’inspecter vous-même, certains couvreurs offrent un service d’entretien annuel pour environ 150 $.

Recommandations

Si un couvreur sonne à votre porte et vous dit qu’il était chez le voisin et qu’il a constaté que votre toiture est à refaire… hésitez, recommande André Gagné. Tant et aussi longtemps qu’il n’est pas monté sur votre toit, il ne sera pas en mesure de faire un bon diagnostic.

Certains propriétaires rechignent à dépenser sur quelque chose que l’on ne voit pas de la rue, mais n’oubliez pas que c’est la santé de votre propriété qui dépend de la qualité du revêtement de votre toiture !

Intervenants / Participants

André Gagné
Directeur de l’expertise technique
APCHQ

Luc Paré
Entrepreneur/ Installateur
Pareco+