Légitime dépense


Les sites de courtage en ligne

Émission du 1er octobre 2012

Journaliste(s) à la recherche : Florence Riel St-Pierre

Peut-être déçues par les faibles rendements des dernières années, plusieurs personnes tentent désormais de faire mieux que leur courtier en jouant eux-mêmes à la bourse sur des sites de courtage à escompte. Ces sites ont d'ailleurs connu une croissance fulgurante au cours des dernières années. Légitime dépense s'intéresse au monde du "trading" et répond aux questions de ceux qui voudraient s’initier aux sites de courtage en ligne et ainsi investir à la bourse.

Thème(s) : Finances personnelles

Les sites de courtage en ligne

Les faibles rendements des dernières années et les scandales financiers expliquent peut-être pourquoi plusieurs épargnants tentent désormais de faire mieux que leur courtier en placements. Comment? En jouant eux-mêmes à la bourse sur des sites de courtage en ligne. Légitime dépense fait le tour de cet univers en pleine explosion!

Les sites de courtage à escompte : le phénomène

Il existe deux types de courtiers :

1) Le courtier de plein exercice : il s'occupe de la gestion du portefeuille d'un client en transigeant sur les marchés pour lui et en lui fournissant des conseils.

2) Le courtier à escompte (ou site de courtage en ligne) : Selon la définition de l'Autorité des marchés financiers, les courtiers à escompte sont des firmes par l’entremise desquelles vous pouvez acheter ou vendre des actions, des obligations, des parts de fonds communs ou autres valeurs mobilières. Vous ferez généralement vos transactions sur Internet. Et sachez que les courtiers à escompte ne fournissent pas de conseils concernant l’achat ou la vente de ces titres. Les courtiers à escompte doivent être inscrits auprès de l’Autorité des marchés financiers.

Les sites de courtage à escompte peuvent être gérés par des organisations privées indépendantes (comme Virtual Brokers) ou par les institutions financières (comme BMO Ligne d’action). La plupart des grandes banques canadiennes ont d'ailleurs leur propre site de courtage en ligne.

Le taux de croissance de l’industrie est presque le double dans les institutions financières par rapport aux institutions privées. Il y a une raison à cela : les clients se sentent plus en sécurité, surtout depuis la crise de 2008.

Croissance des sites de courtage en ligne

L'utilisation des sites de courtage en ligne a connu une croissance deux fois plus importante que le courtage traditionnel. En 2011 au Canada, 50,1 millions de transactions ont été enregistrées par les sites de courtage en ligne, contre 49,9 millions dans le courtage traditionnel.

Avantages du courtage en ligne

C’est rapide, moins cher, accessible en tout temps et ce sont des produits simples à utiliser.

Les frais

Les frais de transactions peuvent varier d’un site à l’autre, mais se situent entre 0,99 $ à 30 $ par transaction (ce qui signifie des frais au moment de l’achat mais, aussi au moment de la vente). Généralement, si vous disposez d’un portefeuille de 50 000 $ et plus, vous pouvez vous attendre à payer un moindre coût par transaction. Ces coûts ne sont qu'une fraction des frais demandés par un courtier traditionnel qui coûte entre 200 $ et 300 $ par transaction.

On peut non seulement acheter des actions de compagnies, mais on peut également avoir accès à de nombreux émetteurs de certificats de placements garantis, de même qu’à des milliers de fonds mutuels et de fonds négociés en bourse.

Ce qu’il faut savoir avant d’investir

Il n’y a pas d’encadrement, ni aucun conseiller qui va vous contacter pour vous faire une recommandation sur un produit spécifique. Vous êtes le seul responsable à bord, pour vos bons coups comme pour vos mauvais coups. L’investisseur doit donc avoir une formation de base ou des connaissances minimales dans le domaine pour pouvoir arrêter sa décision d’investissement.

Un autre risque est que le courtier à escompte fasse faillite et disparaisse avec votre capital. Nos experts recommandent donc d’aller vers les courtiers de grandes banques.

Un autre risque potentiel est de vouloir trop en faire. Puisque les frais sont vraiment peu chers, les investisseurs ont tendance à effectuer beaucoup plus de transactions, donc à multiplier les frais et parfois à s’écarter plus rapidement de leur profil d’investisseur.

À qui s’adressent les sites de courtage en ligne?

Comme tous les types de produits sont disponibles, du certificat de placement garanti à l’action risquée, les sites de courtage en ligne peuvent rejoindre tous les types d’investisseurs. Mais selon M. Alain Elkaim, enseignant et coordonnateur de la salle des marchés de HEC Montréal, ce genre de sites s’adresse plutôt à des passionnés de finance, à des gens qui ont une stratégie posée et qui veulent remplir certains objectifs financiers. Et, ça s’adresse surtout à des gens qui connaissent les risques que comportent les marchés financiers.

Si vous n’avez ni le temps, ni les connaissances, ni l’intérêt, ce n’est peut-être pas pour vous. Même si la transaction ne prend pas beaucoup de temps, cela requiert quand même un peu de recherche.

Un outil intéressant pour apprivoiser l'univers du courtage

Si vous êtes tentés par ce type de sites, mais avez des doutes, une option s’offre à vous. La plupart des courtiers vont offrir un compte fictif. Conseil de M. Elkaim : si vous souhaitez vous lancer pour la première fois en bourse, prenez trois, quatre, voire six mois pour vous pratiquer avec du capital fictif. Essayez de définir une stratégie d’investissement qui vous conviendra, avec laquelle vous serez à l’aise.

Choisir son site de courtage à escompte

Pour vous aider à choisir un site, le Globe and Mail publie annuellement un palmarès des meilleurs courtiers en ligne. Une douzaine de sites, dont la majorité relève d’institutions financières, y sont évalués. Les critères d’évaluation du palmarès sont : les outils de recherche, l’information disponible sur le compte, le prix, l’interface, les produits de placement disponibles et l’innovation.

La qualité du site

Un critère essentiel est la qualité de l'information fournie : économie fondamentale, analyse technique, statistiques, etc. Vous devriez avoir accès aux rapports annuels des compagnies, aux nouvelles les concernant et à des bases de données où l’on peut trier et filtrer des titres en fonction de certains critères. Ils donnent aussi accès à des graphiques pour faire ce qu’on appelle l’analyse technique, etc.

Langues

Garder aussi en tête que les sites des grandes institutions financières sont bilingues alors que les courtiers indépendants proposent souvent des sites unilingues anglophones.

Services de soutien

En ce qui a trait à la qualité du service, à moins d’être un véritable professionnel de la finance, il vaut mieux investir ses jetons dans un site de courtage en ligne qui offre de bons services de soutien. En règle générale, les institutions financières se démarquent également des sites privés sur ce point. Il y a généralement un service d’aide téléphonique et parfois, un agent peut même se rendre chez vous pour vous faire une démonstration du site et vous initier aux divers outils de recherche.

Sachant tout cela, n’oubliez jamais que le pire ennemi de l’investisseur est en fait lui-même.

Vous êtes-vous déjà dit un jour que vous pourriez faire mieux que votre conseiller financier ou du moins, que vous ne pourriez pas faire pire? Détrompez-vous. Vous pourriez faire pire.

Alors, avant de risquer vos économies, renseignez-vous, observez les cours de la bourse et pratiquez-vous avec un portefeuille fictif. Pas le temps et peu d’intérêt? Alors, laissez vos placements entre les mains d’un expert.

Intervenants :

Alfred Wehbe, MBA
Directeur, développement des affaires
BMO, région de Montréal

Alain Elkaim, M. Sc. (finance)
HEC Montréal
Enseignant et coordonnateur de la salle des marchés de HEC Montréal
Spécialisé dans le domaine des indices et actions, il a été durant plusieurs années analyste-consultant

Pour en savoir plus :

Sondage du Globe and Mail : http://www.theglobeandmail.com/globe-investor/results-from-the-globes-2011-online-brokerage-satisfaction-survey/article4201298/

L’Autorité des marchés financiers (AMF)
http://www.lautorite.qc.ca

Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC)
http://www.medac.qc.ca/

Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM)
http://www.ocrcvm.ca/

L'Institut québécois de planification financière (IQPF)
http://www.iqpf.org/

Reportage de Florent Daudens à l’émission Classe économique à la radio de Radio-Canada
http://www.radio-canada.ca/mesabonnements/baladodiffusion/index_emission.asp?path=radio/hdc

Tous les rudiments relatifs à la négociation de titres
Tutoriels, Disnat (Desjardins)

https://www.disnat.com/fr/knowledge/trading_basics.asp