Légitime dépense


Les voitures électriques

Émission du 17 septembre 2012

Journaliste(s) à la recherche : Florence Riel St-Pierre

Le gouvernement du Québec souhaite voir 300 000 véhicules électriques en circulation sur les routes du Québec en 2020, et pas moins de 1,2 million en 2030.
À ce jour, il n’y a toutefois que 217 véhicules électriques et hybrides rechargeables immatriculés au Québec. La voiture électrique a donc du millage à faire.
On dit qu’elle coûte trop cher et que les infrastructures sont insuffisantes. Mais qu’en est-il réellement? Si vous souhaitez être parmi les pionniers de cette vague, voici ce que vous devez savoir.

Thème(s) : Automobile et autres transports

Les voitures électriques

Le gouvernement du Québec souhaite voir 300 000 véhicules électriques en circulation sur les routes du Québec en 2020, et pas moins de 1,2 million en 2030. En juin dernier, il n’y avait toutefois que 217 véhicules électriques et hybrides rechargeables immatriculés au Québec. La voiture électrique a donc du millage à faire. On dit qu’elle coûte trop cher et que les infrastructures sont insuffisantes. Mais qu’en est-il réellement?

Les différents types de technologies

D’abord, il faut savoir qu’il existe une confusion entre les véhicules électriques et les véhicules hybrides. À tort, les véhicules électriques et hybrides sont souvent mis dans le même panier.

- Véhicules hybrides : équipés à la fois d'un moteur qui fonctionne au moyen d'essence ou de diesel et d’un moteur électrique alimenté par une batterie qui se recharge automatiquement lors de la conduite (notamment grâce à l'énergie récupérée lors du freinage). Le moteur électrique fournit uniquement une puissance additionnelle au moteur à essence lors d'accélérations, de montées ou de dépassements. Ce type de véhicule ne recourt pas à une source externe d'électricité, mais demeure tout de même un choix écoénergétique.

- Véhicules hybrides rechargeables : aussi équipés d'un moteur électrique et d'un moteur à essence. Par contre, ces véhicules disposent d'une batterie qui peut emmagasiner plus d'électricité et surtout, ils peuvent être alimentés en électricité à partir du réseau électrique, d'où le nom hybride rechargeable. Cela permet aux hybrides rechargeables de parcourir plusieurs kilomètres sans consommer d'essence.

- Véhicules électriques à autonomie prolongée : munis d'un moteur électrique et d'une batterie qui puise son énergie du réseau électrique. Toutefois, lorsque la batterie est déchargée, c'est une génératrice à essence qui produit de l'électricité. Cette technologie permet au véhicule de parcourir une distance comparable à celle d'un véhicule standard. La Volt de Chevrolet a été le premier véhicule électrique à autonomie prolongée disponible mondialement. Son prix varie entre 43 000 $ et 49 000 $. L’autonomie de la batterie est entre 50 et 68 kilomètres, avant que la génératrice prenne le relais.

- Véhicules 100 % électriques : disposent uniquement d’un moteur électrique alimenté par des batteries rechargeables sur le réseau électrique. L’i-MiEV de Mitsubishi coûte environ 33 000 $, avec une autonomie théorique de 155 kilomètres, tandis que la Leaf de Nissan se vend à environ 39 000 $. Son autonomie théorique est de 160 kilomètres.

Essais routiers

En collaboration avec l'Association pour la protection des automobilistes (APA), le magazine Protégez-Vous a réalisé des essais routiers sur la Leaf de Nissan, la Volt de Chevrolet et la Prius v.

Pour consulter leurs résultats, suivez ce lien : http://www.protegez-vous.ca/automobile/autos-hybrides-et-electriques/hybrides-electriques-verdict.html

La recharge

Une voiture électrique, ça veut aussi dire abandonner la pompe au profit d’une prise électrique…

Pour la recharger, on peut la brancher sur une prise extérieur de 120 volts dont la majorité des maisons sont déjà équipées, ou encore se faire poser une borne de 240 volts. Une recharge complète sur le 120 volts peut prendre jusqu’à 16 heures. Sur une borne de 240 volts, de quatre à six heures. Il faut donc toujours penser à recharger son véhicule, un peu comme son téléphone cellulaire.

La plupart des concessionnaires vous dirigeront vers un électricien afin qu’il s’assure que votre circuit domestique est conçu pour accueillir une telle borne. Une borne de 240 volts vous coûtera à peu près 700 $ à 800 $. Si vous rajoutez les coûts d’installation, compter entre 1 500 $ et 2 000 $.
Une fois la borne installée, il suffit de brancher votre voiture et le tour est joué! Et si vous êtes trop loin de votre borne, il y a maintenant le Circuit électrique. À l’été 2012, il y avait déjà 120 bornes qui avaient été déployées dans les grandes régions de Montréal et de Québec. Tout au long de l’automne et durant l’année 2013, ce nombre ira en augmentant.
Sont membres de ce regroupement des grandes marques québécoises comme Les Rôtisseries St-Hubert, RONA, Metro et l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Au fil du temps, d’autres partenaires sont appelés à intégrer le Circuit électrique, l’objectif étant de couvrir les grandes régions du Québec.
Le prix forfaitaire est de 2,50 $ la recharge, quelle que soit sa durée.?Une heure de recharge redonnera au véhicule environ 30 kilomètres d’autonomie.
Il existe par ailleurs des bornes plus puissantes, de 400 volts et même 480 volts. Ces bornes seront également disponibles au Québec au cours des prochaines années. Elles permettront une recharge de 80 % de la batterie en 25 minutes. Toutefois, ces bornes coûtent dix fois plus cher que les bornes de 240 volts, soit 50 000 $ l’unité.

Coût et subventions disponibles

Pour encourager l'achat de voitures électriques, le gouvernement du Québec a lancé en janvier 2012 le programme Roulez électrique, qui offre un incitatif à l’achat ou à la location d’un véhicule électrique. Ce rabais peut aller de 5 000 $ à 8 000 $, selon la grosseur ou la puissance de la batterie. Une aide financière est aussi disponible pour l'achat et l'installation d'une borne de recharge de 240 volts à son domicile. L'aide financière offerte correspond à 50 % des dépenses admissibles ou au montant maximal selon la date d'acquisition de la borne, soit 1 000 $ en 2012 et 2013, 800 $ en 2014 et 600 $ en 2015.

Le programme prendra fin le 31 décembre 2015. Avouons qu’il donne un fier coup de main aux acheteurs qui osent faire le saut vers un véhicule électrique.

Qu’en est-il des économies?

Selon Éric Santerre, porte-parole du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, il en coûterait 300 $ par année pour parcourir 20 000 kilomètres en voiture électrique. Un concessionnaire a comparé la consommation annuelle en électricité d’un véhicule électrique à celle d’un chauffe-eau. Un autre estime à environ 1 $ par recharge complète à domicile. Il y a certes quelques différences entre les différents modèles, mais tous s’entendent pour évaluer le coût moyen en électricité à presque 1/10 du coût en essence d’une voiture standard. Selon les calculs d’Hydro-Québec, il en coûterait neuf fois moins cher de rouler à l’électricité qu’à l’essence. Cela représente une économie annuelle d’environ 2 000 $.
Mais la question demeure: est-ce que l'achat d'un véhicule électrique est rentable?
Au niveau de la consommation d’énergie, un véhicule conventionnel coûte de 12 à 15 cents le kilomètre alors que pour un véhicule électrique, il en coûte de deux à trois cents. À cela, il faut également ajouter les économies reliées à l’entretien d’une voiture. Oubliez par exemple les fameux changements d’huile !
Mais une voiture électrique coûte de 15 000 $ à 20 000 $ de plus qu’une voiture conventionnelle compacte. Même en incluant les économies annuelles en essence et en entretien (2 000 $ à 3 000 $), il faudrait de sept à dix ans pour rentabiliser son achat.

Et qu’en est-il de l’autonomie ?

Au niveau de l’autonomie, un véhicule électrique à l’intérieur de la ville ne pose pas problème. Mais dès qu’on a besoin d’aller à la campagne, l’autonomie devient un facteur décisif. Non seulement la distance que l’on peut parcourir devient un obstacle, mais le temps de recharge aussi. Avec un véhicule à essence, faire le plein prend de trois à cinq minutes alors que pour un véhicule électrique, c’est une question d’heures.

Le temps de recharge semble donc être le dernier obstacle à surmonter pour que la voiture électrique concurrence les véhicules conventionnels. D’ici là, la voiture électrique constitue un bon deuxième véhicule. Avec le prix de l'essence qui continue d'augmenter d'année en année, il ne reste plus qu'à souhaiter que les nombreux développements technologiques nous permettront de devenir des automobilistes branchés.

Intervenants :

Pierre-Luc Desgagné, directeur principal - Planification stratégique chez Hydro-Québec

Georges Iny, Directeur de l'Association pour la protection des automobilistes (APA)
Pour en savoir plus :

Québec roule à la puissance verte! Liens utiles
http://www.vehiculeselectriques.gouv.qc.ca/liens.asp

Le Circuit électrique
www.lecircuitelectrique.com

Feuillet explicatif de CAA-Québec
http://caa.ca/newengines/caa-engine-ebook-fr/

Blog de Vincent Abry sur les dernières nouvelles dans le monde des voitures électriques
http://www.voitureelectrique.net/

« 2012 : année de la voiture électrique au Québec? », Protégez-Vous
24 mai 2012
http://www.protegez-vous.ca/2012-annee-voiture-electrique-quebec.html