Légitime dépense


Faire son épicerie ailleurs qu’à l’épicerie

Émission du 30 janvier 2012

Les produits alimentaires ne sont plus la chasse gardée des épiceries, marchés publics ou boutiques spécialisées. Avec les dépanneurs, les magasins à un dollar et les pharmacies, il devient de plus en plus facile de se nourrir ailleurs qu'à l'épicerie. Mais, est-ce que le consommateur y trouve son compte? Pour le savoir, Légitime dépense a comparé le prix de quelques aliments de base achetés dans ces commerces afin de trouver le panier d’épicerie de moins cher.

Thème(s) : Finances personnelles , Épicerie, denrées alimentaires et produits ménagers

Faire son épicerie ailleurs qu’à l’épicerie

Les produits alimentaires ne sont plus l'apanage des épiceries et des marchés publics. Avec les dépanneurs du coin et ceux des stations-services, les magasins à un dollar, les grandes chaînes et les pharmacies, il devient de plus en plus facile de se nourrir ailleurs qu'à l'épicerie. Mais, cette disponibilité a-t-elle un coût? Les aliments vendus ailleurs qu'à l'épicerie se vendent-ils plus cher? Pour le savoir Légitime dépense a comparé les prix de quelques aliments achetés dans ces différents commerces.

Un phénomène en plein essor

Au Québec, sur l’ensemble des détaillants qui vendent des produits alimentaires,
22.9 %, donc près du quart, sont des commerces autres que les épiceries et les marchés publics. Il s’agit donc de pharmacies, de grandes chaînes comme Walmart et de petits magasins spécialisés. Nous assistons à un phénomène d’éclosion des barrières dans l’alimentation. De nos jours, il n’est plus rare de voir des pharmacies hybrides avec des dizaines de rangées de produits alimentaires et même certains commerces de grandes surfaces qui vendent de la nourriture.

Par contre, la qualité des produits n’est pas en cause. Même s’il faut vérifier la date de péremption attentivement, il ne s’agit pas de produits périmés. Le phénomène est plutôt attribuable aux contrats de distribution. Plutôt que de risquer de ne pas écouler sa marchandise, le distributeur alimentaire aura tendance à vendre ses produits moins cher ailleurs qu’à l’épicerie.

Démarche avec 5 produits dans 4 types de commerces

Cette disponibilité des produits alimentaires est peut-être pratique, mais le consommateur y perd-il au change en les payant plus cher? L’équipe de Légitime dépense a voulu vérifier le prix de 5 produits courants achetés au prix régulier dans une pharmacie, un dépanneur d’une chaine connue, un magasin à 1 dollar et une épicerie de la région métropolitaine. Tous les achats ont été effectués le même jour en octobre 2011. Voici notre liste d’épicerie :

Un jus de fruits Oasis
Du beurre d’arachide Kraft
Des céréales Corn Flakes
Une boîte de conserve de thon Clover Leaf
Et un contenant pâte alimentaire Catelli de type spaghetti.

Nous avons trouvé les mêmes marques partout sauf au magasin à 1 dollar.

Les résultats de notre démarche

Le coût total de la facture pour nos 5 produits dans chacun des commerces de la région montréalaise :

Pharmacie : 18,15 $ (avec les spéciaux de la semaine 13,65 $)
Magasin à 1 dollar : 6,19 $
Dépanneur : 18,21 $
Épicerie : 16,15 $

Le panier le moins cher se retrouvait au magasin à 1 dollar à 6,19 $, mais avec des produits ne provenant pas de la même marque. Pour des marques comparables, le panier le moins cher était à l’épicerie.

Par contre, sans les rabais, nos achats à la pharmacie (18,15 $) étaient similaires à ceux du dépanneur (18,21 $) l’endroit où la facture était la plus élevée. Un conseil, dans les pharmacies, privilégier les produits en solde. Dans le cas de notre petite expérience, avec les rabais, notre panier d’épicerie coûtait moins cher qu’à l’épicerie.

Sans surprise, c’est donc au dépanneur que l’on paie la plus grosse facture pour les produits alimentaires. C’est beaucoup plus cher dans les dépanneurs et pourtant, nous avons effectué l’achat dans une chaîne de dépanneurs qui a un pouvoir d’achat et de distribution. Chez les petits dépanneurs particuliers qui ne détiennent pas ce pouvoir d’achat, les prix montent encore en flèche.

D’un point de vue purement financier, le grand gagnant est le magasin à un dollar. Mais, attention! Nous n’avons pas trouvé les marques achetées ailleurs. Plusieurs des produits venaient d’aussi loin que l’Inde et les valeurs nutritives différaient. Ainsi, le beurre d’arachide du magasin à 1 dollar compte 110 calories par c. à table et beaucoup plus de gras saturés et trans avec 15 % contre 8 % habituellement. Pour les céréales et les pâtes du magasin à un dollar, celles-ci ne contiennent aucun enrichissement en vitamine et en fer comparativement aux marques des autres commerces.

Pour le consommateur, est-ce profitable?

Cela peut valoir la peine de faire des achats ailleurs qu’à l’épicerie, s’il y a des spéciaux. En voyant des soldes, à la pharmacie par exemple, on pourra faire des réserves de denrées non périssables. L’important c’est de regarder les prix évidemment, mais aussi les quantités et les ingrédients sans oublier le tableau de valeur nutritive et la date de péremption. Si vous êtes à la recherche d’économies, le plus utile reste encore de consulter les circulaires. Ce que vous pouvez faire en ligne à publisac.ca ou sur l’excellent site SOS cuisine qui chaque semaine, compare les différents rabais. Mais, dans la mesure du possible, ne faites pas votre épicerie au dépanneur…

Intervenants

Jordan Lebel, spécialiste marketing alimentaire, Université Concordia.
Nathalie Jobin, nutritionniste Extenso, Université de Montréal.

Liens utiles

Publisac
Pour examiner les spéciaux de la semaine sur internet
http://publisac.ca/bienvenue

SOS cuisine
Pour comparer les spéciaux :
http://www.soscuisine.com/flyer_specials.php?sos_l=fr

Extenso
Pour des informations sur la nutrition
http://www.extenso.org