Légitime dépense


Puiser tôt dans son REER

Émission du 17 octobre 2011

Journaliste(s) à la recherche : Dominique Sémery

Vous songez à puiser dans votre REER afin de boucler certaines fins de mois difficiles ou pour réaliser un projet qui vous tient à cœur ? Pensez-y bien ! À moins d’utiliser votre REER pour acheter une maison à l’aide du RAP, ou pour financer un retour aux études grâce au régime d’encouragement à l’éducation permanente, le REEP, retirer l’argent prévu pour votre retraite est une décision lourde de conséquence.

Thème(s) : Finances personnelles

Puiser tôt dans son REER

Vous rêvez de voyager, de vous lancer en affaire ou de payez vos dettes ? Est-ce une bonne idée d’utiliser l’argent de votre REER avant la retraite ? Compte tenu du taux d’imposition élevé de l’argent prélevé dans ce fond, il vaut mieux avoir une stratégie fiscale et financière. Dans quelles circonstances peut-on considérer qu’il s’agit d’une bonne affaire et dans quelles autres devrait-on s’abstenir ? Voici ce qu’en pense Hélène Gagné, associée, gestionnaire de portefeuille, planificateur financier et conseiller en sécurité financière chez PWL Capital.

Est-ce une bonne idée de puiser dans son REER avant la retraite ?

Il faut savoir que les montants que l’on retire de son REER sont pleinement imposables. En moyenne, le taux d’imposition est de 40 %, donc si une personne sort un montant de 10 000$, après impôt il ne lui en reste que 6 000$. Ce n’est pas une bonne idée, surtout si l’on compte le faire pour des vacances.

Dans quelles circonstances est-ce que cela peut-être intéressant ?

• Pour les personnes qui approchent de la retraite et qui ont un faible revenu. Elles pourraient décaisser partiellement leur REER par tranche de 10 000 $ par année car elles auront un taux d’imposition très faible, de l’ordre de 10 à 12 %. Mais si elles décaissent tout au moment de la retraite, elles pourraient perdre plusieurs crédits auxquels elles pourraient avoir droit comme le supplément de revenus garanti.

• Dans le cas du régime de l’accession à la propriété (RAP). L’immobilier coûte tellement cher et il est très difficile pour des jeunes de mettre un capital de base sur une maison. S’ils ont pris des REER pendant un certain temps, ils ont le droit de sortir 25 000 $ par personne, non imposable mais remboursable. C’est une bonne idée car le REER est remplacé par un autre véhicule de placement.

• Ensuite il y a le Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP). Les mêmes conditions que pour le RAP s’appliquent, donc non imposable et remboursable.

Dans le cas de RAP et du REEP, Il y aura évidemment un impact sur l'épargne à la retraite, mais celui-ci peut être largement compensé par un emploi mieux rémunéré ou la possession d'une propriété.

Dans quelles circonstances devrait-on s’abstenir et pourquoi ?

Dans tous les autres cas, on devrait s’abstenir de décaisser ses REER car les conséquences fiscales sont vraiment importantes. Par exemple, un retrait de 5000 $, à un taux de rendement annuel moyen de 6 %, se traduira par 28 717 $ en moins dans 30 ans. Ce qui fait la force des REER, c’est la durée.

Que vaudrait-il mieux faire ?

Si on a besoin de liquidité pour un voyage il vaudrait mieux économiser cet argent avant de partir. Pour une situation où l’on doit faire face à un imprévu, si on le peut, il vaut mieux faire un emprunt plutôt que de décaisser ses REER.

Les personnes à faible revenu devraient plutôt mettre leur argent dans un CELI plutôt que dans des REER, cela leur permettrait d’en disposer au besoin et, au moment de la retraite, de pouvoir bénéficier de divers crédits et suppléments de revenus auxquelles elles auraient droit.

Intervenants / Participants

Hélène Gagné
Associée et gestionnaire de portefeuille, planificateur financier et conseiller en sécurité financière chez PWL Capital
https://www.pwlcapital.ca/home

Liens utiles

Question retraite
http://www.questionretraite.qc.ca/