Légitime dépense


Livres numériques, guide d’achat

Émission du 19 septembre 2011

Journaliste(s) à la recherche : Matthieu Mortézaï

Le livre numérique annonce-t-il la fin des ouvrages en papier? Sûrement pas. Mais, dans sa forme ultralégère actuelle, le livre numérique réussit néanmoins à ravir les mordus de littérature qui aspirent à voyager léger. Pour s’y retrouver à travers tous les modèles offerts sur le marché, entre tablettes et liseuses, Légitime dépense propose un guide d’achat qui compare les multiples déclinaisons de ces appareils, qui peuvent devenir de véritables bibliothèques de poche.

Thème(s) : Électronique

Livres numériques, guide d’achat

Suivant les traces du disque, le livre entame un chapitre important de son virage numérique. Mais pour en profiter - être numériquement à la page - les lecteurs devront troquer leur bouquin pour un appareil capable de lire des livrels (livres numériques), qu’il s’agisse d’une tablette électronique ou d’une liseuse numérique dédiée.

Quels sont les avantages de l’un par rapport à l’autre? En quoi la technologie d’encre électronique diffère des écrans à cristaux liquides? Que doit-on savoir au sujet des différents formats de livrels disponibles et des verrous de sécurité qui les protègent? Qu’en est-il de l’offre d’ouvrages en français? Où peut-on s’en procurer?

En compagnie d’un professeur de littérature qui porte également les chapeaux d’auteur et d’éditeur, on répond à ces questions. En parallèle, des membres d’un club de lecture testent pour nous quelques uns des plus populaires appareils de lecture et nous livrent leurs commentaires à ce sujet.

Tablettes vs liseuses
Outre l’écart de prix et l’étendue des fonctions multimédia, l’une des principales différences entre les liseuses numériques dédiées et les tablettes électroniques c’est la technologie d’affichage qu’elles utilisent. Alors que les tablettes sont dotées d’un écran à cristaux liquides retroéclairé (comme les écrans d’ordinateur), les liseuses numériques utilisent plutôt ce qu’on appelle « papier électronique » ou « encre électronique ».

Fonctionnant avec des billes microscopiques plutôt des cristaux liquides, ce type d’affichage est plus près de l’imprimé et ne nécessite pas de rétroéclairage. En conséquence, cette technologie consomme très peu d’énergie (autonomie de plusieurs semaines), permet la lecture en plein soleil et ne donne pas l’impression d’être devant un écran. En revanche, le papier électronique n’est - pour l’heure du moins - disponible commercialement qu’en version monochrome et s’avère beaucoup moins performant pour le rafraichissement rapide des pages (effet de clignotement).

Conclusion : Si vous ce que voulez faire principalement c’est de lire des romans, en particulier à l’extérieur, vous serez mieux servi avec une liseuse. À l’inverse, si vous cherchez un appareil multifonctions qui vous permettra à la fois de lire des livres, naviguer sur Internet, consulter vos courriels et ainsi de suite, et que vous n’avez pas l’intention de l’utiliser trop souvent de jour à l’extérieur, la tablette vous conviendra davantage (à condition d’être prêt à payer plus cher).

Formats de fichiers
Actuellement, les livres numériques sont offerts en plusieurs formats. L’un des plus populaires et le plus universel est le fichier ePub. Son grand avantage c’est qu’il permet au lecteur de changer à sa guise la taille les polices de caractères sans complètement chambouler l’affichage.

L’autre format populaire est celui qu’utilise le géant de la distribution en ligne Amazon : le « AZW ». A toutes fins pratiques, ce format de livrel est similaire au ePub et très bien adapté à la lecture numérique (ajustement des polices, insertions de notes, etc.). Seul hic, ce format est la propriété exclusive d’Amazon et ne fonctionne que sur ses appareils, comme le Kindle, ou sur ses logiciels.

Un des autres formats de fichiers de livrel qu’on risque de rencontrer en ligne est le « PDF » qui se trouve à être, ni plus ni moins, une copie numérisée très fidèle, page pour page, d’un document papier. Le problème avec les « PDF » c’est qu’ils ne sont pas du tout adaptés aux lecteurs numériques et ne permettent pas d’ajuster la taille du texte sans grossir l’ensemble de la page.

Conclusion
Dans la mesure du possible, si vous avez le choix, optez toujours pour les livrels au format ePub plutôt que PDF. Tous les appareils de lecture récents peuvent lire les ePub, à l’exception du Kindle d’Amazon. Avec des utilitaires disponibles en ligne, tel que le logiciel gratuit Calibre (http://calibre-ebook.com), il vous sera possible de convertir les livrels d’un format à l’autre à condition qu’ils ne soient pas protégés par des verrous numériques (voir suite).

Verrous numériques
Pour limiter la distribution illégale, les livrels vendus en ligne sont très souvent protégés par des verrous numériques (aussi appelé « DRM » en anglais, pour « Digital Rights Management »). Dans certains cas, ces verrous ne sont pas trop dérangeants pour l’usager. C’est le cas par exemple des filigranes qui ajoutent simplement des informations sur l’acheteur, comme son nom, au bas des pages afin de le dissuader d’en faire la distribution.

Malheureusement, d’autres verrous sont beaucoup plus contraignants pour les consommateurs et limitent par exemple le nombre de fois (habituellement 5) qu’un fichier peut être copié d’un appareil à l’autre. Ces verrous empêchent aussi la conversion des fichiers dans un autre format et parfois même l’ouverture même du fichier par un appareil. C’est le cas par exemple avec le Kindle qui ne peut lire les fichiers « PDF » que s’ils ne sont pas verrouillés.

Conclusion
Quand vous achetez un livre chez un libraire en ligne, essayez de savoir si le fichier est verrouillé et, si oui, avec quel genre de verrou. Avant de confirmer votre achat, assurez-vous que votre lecteur soit compatible avec ce type de protection et, si vous en avez la possibilité, privilégiez les livrels sans verrous (ou avec filigranes seulement).

L’offre de contenu en français

Vous trouverez une vaste sélection de livres en français, et qui plus est, québécois, sur les sites suivants :

Rue Des libraires
http://www.ruedeslibraires.com

Livres Québécois
http://livresquebecois.com

Archambault
http://www.archambault.ca

Renaud-Bray
http://www.renaud-bray.com/vitrine_livre_numerique.aspx

Publie.net
http://www.publie.net

Des milliers de classiques gratuits

Des milliers de livres, notamment les plus grands classiques de la littérature française, appartiennent maintenant au domaine publique et sont disponibles gratuitement en ligne. Voici quelques sites où vous pourrez en obtenir en français :

Gutenberg Project
http://www.gutenberg.org/browse/languages/fr

Livres pour tous
http://www.livrespourtous.com

Le choix de nos lectrices :
Parmi les différents appareils que nous leurs avons prêtés, voici les trois que nos lectrices ont le plus appréciés (sans ordre précis) :

Kindle d’Amazon (modèle avec connexion 3G) (189$)
- (+) Très facile à utiliser; écran très lisible, même le jour (encre électronique)
- (+) Accès direct et, en tous temps, à la boutique Amazon
- (+) Clavier intégré
- (+) Autonomie des batteries (plusieurs semaines)
- (–) Ne lis pas les ePub, ni les PDF verrouillés
- (–) Pas d’écran tactile
- (-) Nous force un peu à utiliser Amazon où l’offre d’ouvrages francophones est très limitée

Sony PRS350 (200$)
- (+) Facile à utiliser, léger, excellente lisibilité de jour (encre électronique)
- (+) écran tactile (avec stylet)
- (+) Compatible avec les principaux formats et verrous numériques
- (+) Autonomie des batteries (plusieurs semaines)
- (–) pas d’accès direct a une boutique sur l’appareil ou même de connectivité réseau
- (–) pas de clavier

iPad d’Apple (519$ et +)
- (+) Superbe écran couleur (ACL) de 9,7 po multi-tactile
- (+) Fonctions multimédia; + plusieurs centaines de milliers d’applications disponibles
- (+) Possibilité d’acheter des ouvrages directement sur l’appareil via des applications
- (+/-) Peut lire à peu près tous les formats de livrel; mais nécessite l’installation d’applications tierces (tel que Bluefire Reader - http://www.bluefirereader.com ) pour certains d’entres eux
- (-) Beaucoup plus dispendieux qu’une liseuse
- (-) Très difficile de lire à l’extérieur de jour
- (-) Plus lourd

Intervenants / Participants

Benoît Melançon – Auteur, éditeur et directeur du département des littératures de langue française – Université de Montréal
http://mapageweb.umontreal.ca/melancon/

Membres du club de lecture :
- Andréanne Guénette
- Catherine Gauthier
- Irène Coutier
- Isabel Tardif

Remerciements WEB

Pour leur précieuse assistance à la préparation de ce reportage, Légitime dépense tient à remercier tout spécialement :

Les librairies indépendantes du Québec
http://www.ruedeslibraires.com/

Groupe Librex
www.groupelibrex.com

Les éditions de l’homme
http://www.editions-homme.com