Légitime dépense


Les cartes cadeaux

Émission du 28 septembre 2009

Journaliste(s) à la recherche : Nathalie Lemieux

Vous ne savez pas quoi offrir à l’être cher? La carte cadeau peut être la solution idéale pour lui faire plaisir. Mais prenez garde! La plupart des cartes cadeaux ont une date d’expiration et certaines ont des frais d’utilisation. Légitime dépense vous explique comment éviter que votre cadeau ne fasse plus plaisir au marchand… qu’à l’être aimé.

Thème(s) : Publicité, marketing et pratiques commerciales

Les cartes cadeaux

L’anniversaire d’un être cher approche et vous n’avez aucune espèce d’idée de ce qui lui ferait vraiment plaisir… Heureusement, les cartes-cadeaux sont là pour vous dépanner! Mais avant de choisir cette option, il y a quelques petites choses que vous devriez vérifier.

Des cartes pour tous les goûts… et toutes les bourses

La vente de cartes-cadeaux a augmentée de façon exponentielle au cours des cinq dernières années partout en Amérique du Nord. Boutiques spécialisées, commerces de grande surface, magasins d’électronique, quincailleries… il y a des cartes-cadeaux pour tous les goûts et pour tous les budgets!

Selon un sondage de Léger Marketing réalisé en 2004, 61 % de la population canadienne avait déjà reçu une carte-cadeau et chaque canadien achetait en moyenne 5,6 cartes cadeau par année. Et tout indique que cette tendance demeure à la hausse.

Frais d’activation et date d’expiration

Me Isabelle Durand du service juridique chez Option consommateurs fait une mise en garde à propos de certaines cartes-cadeaux qui peuvent comporter des frais d’activation. « La valeur marchande de ces cartes diminue au fil du temps si elles ne sont pas utilisées et ce, jusqu’à la date d’expiration. C’est donc essentiel de vérifier les conditions d’utilisation des cartes-cadeaux, dit Me Durand. Le consommateur qui achète une carte-cadeau doit tout d’abord vérifier s’il y a des frais chargés par le commerçant pour l’utilisation de la carte. Aussi, il doit vérifier s’il y a une date d’expiration.»

Évidemment, la carte-cadeau qui a une date d’expiration ne vaut plus rien après ce délai… Il ne faut donc pas l’oublier au fond d’un tiroir! Mais il y a d’autres éléments à vérifier auprès du détaillant qui vend des cartes-cadeaux, souligne Me Isabelle Durand. «Il est important de voir si on peut utiliser la carte en tout temps, même lorsqu’il y a des ventes. Aussi, il faut vérifier s’il est possible de l’utiliser en ligne pour faire des achats via internet… ça pourrait être utile! »

Les consommateurs et les acheteurs de cartes-cadeaux doivent vraiment se renseigner sur les conditions d’utilisation parce que parfois, il peut y avoir des mauvaises surprises.

«Avec la carte-cadeau que j’ai reçue pour un spa, il fallait prendre un rendez-vous trois semaines à l’avance. Et je ne pouvais pas y aller la fin de semaine.» - Samuel

«Il y avait toutes sortes de restrictions… alors finalement, on offre un cadeau mais on serait mieux d’aller soi-même au comptoir et choisir ce que l’on veut!» - Sophie (celle qui croyait bien faire en offrant cette carte cadeau à Samuel)

Au cours de ses recherches sur les cartes-cadeaux, Me Isabelle Durand a fait ce constat : «Certaines cartes-cadeaux ont des frais d’activation et même des frais de dormance! Par exemple, si après six mois la carte n’est pas utilisée, des frais sont soustraits de la carte à chaque mois pour la non-utilisation de la carte.»

Un cadeau… pour les marchands

Les cartes-cadeaux sont une véritable mine d’or pour les détaillants. Un seul exemple? Les consommateurs qui reçoivent une carte-cadeau vont souvent dépenser une somme supérieure à la valeur de la carte. «Si on offre une carte-cadeau de 50 $ et que le consommateur en dépense 40 $ avec sa carte, il reste un 10 $ à dépenser. Souvent les gens disent : «Je n’arrive pas à trouver un objet à 10 $, donc soit que je dépense plus si je veux utiliser la somme restante de la carte…. ou encore j’attends et si la date d’expiration arrive, le consommateur perd le 10 $ restant sur la carte,» souligne Me Isabelle Durand d’Option consommateurs.

Par ailleurs, il faut savoir que les cartes-cadeaux ne sont pas monnayables. Si une personne utilise sa carte et qu’il reste un solde de 3 $, cette somme ne lui sera pas remboursée. C’est donc le commerçant qui l’empoche… et le consommateur y perd au change.

Une étude récente du magazine américain Consumer Report montre que 27 % des consommateurs ne dépensent qu’une partie de la valeur des cartes-cadeaux qu’ils reçoivent.

Aux États-Unis, on estime que 10 % de la valeur des cartes-cadeaux offertes pour Noël en 2006… n’a jamais été réclamée. Cela représenterait une somme de 8 milliards de dollars!

«Les commerçants font des profits considérables avec les cartes-cadeaux non-utilisées, ajoute Me Durand. Les consommateurs dépensent pour acheter une carte-cadeau, mais aucun bien et aucun service n’est donné en échange quand elle n’est pas utilisée!»

Ne pas utiliser une carte-cadeau, c’est l’équivalent de faire un don à un commerce…

Législation à l’horizon…

Dans certaines provinces, la loi interdit les dates d’expiration et les frais d’utilisation. Mais le Québec traîne un peu de la patte!

«Pour l’instant au Québec, le projet de modification de la Loi de la protection du consommateur, déposée en juin dernier, prévoit l’abolition des dates d’expiration. Donc l’interdiction pour un commerçant au Québec d’indiquer une date d’expiration sur une carte cadeau et également de charger des frais pour l’utilisation de la carte et l’activation de la carte.»

Mais en attendant, comment faire pour éviter les cadeaux empoisonnés ?

Quoi faire pour que le cadeau aille bien à l’être cher?

«Pour les consommateurs, ce qu’il y a de mieux à faire c’est de se renseigner le plus possible sur les frais, les conditions d’utilisation et la date d’expiration des cartes-cadeaux avant d’en faire l’achat… et avant de l’offrir. Aussi, il est important d’informer les gens à qui on offre la carte de ces frais là ou de la date d’expiration que comporte la carte, s’il y en a une…», conclue la conseillère juridique d’Option consommateurs.

En terminant, si offrir de l'argent comptant vous met un peu mal à l'aise, rappelez-vous que c'est encore l'option qui offre le plus de flexibilité!

Référence – web

Option consommateurs
http://www.option-consommateurs.org