Légitime dépense


Comment choisir un peintre

Émission du 7 février 2011

Journaliste(s) à la recherche : Dominique Sémery

Lorsqu’il est question d’entretien, de rénovation et de travaux divers dans la maison la même question se pose : qui vais-je choisir ? Comment trouver l’ouvrier, l’entrepreneur, l’artisan digne de confiance. Embaucher un peintre ne fait pas exception. Légitime dépense vous propose quelques pistes pour vous aider dans vos démarches.

Thème(s) : Divers , Habitation: construction, rénovation et entretien

Comment choisir un peintre

Vous avez décidé de repeindre la maison de la cave au grenier, sans pour autant vous charger des travaux? Vous devrez donc faire appel à un peintre. Mais, entre les petites annonces et les conseils de votre beau-frère, comment être certain que les ouvriers sont compétents? Légitime dépense vous offre un petit coup de main… ou plutôt de pinceau!

« Il y a plusieurs façons de trouver un peintre, nous dit Alain Doiron, enseignant en peinture à l’École des métiers de la construction de Montréal. On peut se fier au bouche-à-oreille et engager quelqu’un qui est recommandé par un ami, on peut certainement se fier à son jugement. Mais il y a d’autres moyens. La RBQ, la Régie du bâtiment du Québec, à une banque de peintres qualifiés. On peut aussi regarder sur Internet, beaucoup d’entrepreneurs-peintres ont leur site Web. »

Que vous dénichiez votre peintre dans le bottin des pages jaunes ou en consultant la banque de la Régie du bâtiment du Québec, il est essentiel de faire quelques vérifications. L’image de la compagnie est importante : camion identifié, outils de qualité et accessoires propres. Consultez donc le portfolio du peintre sur Internet afin de voir ses réalisations et exigez des références pour vous assurer que les travaux soient bien exécutés.

Devis et contrats

Pour faire un choix avisé, demandez au moins 3 devis détaillés. Avant de signer un contrat, assurez-vous d’établir clairement toutes les informations susceptibles de faire varier les prix et la durée du travail. Ainsi, vous éviterez les zones grises.


Ce que le contrat devrait contenir

— montant total des travaux;
— meubles à déplacer, cadres à enlever;
— protection des planchers, du mobilier;
— réparer les trous et lavage des murs;
— Ce qu’il ne faut pas peindre;
— Est-ce qu’il faut faire les placards?
— La sorte de peinture utilisée? Les couleurs?
— Et le nettoyage.

Là comme ailleurs, il faut magasiner pour obtenir le meilleur prix possible. Les tarifs varient selon le travail à faire : murs à réparer, l’importance du découpage. En moyenne, comptez entre 300 $ et 400 $ par pièce, peinture incluse. Cela comprend une couche d’apprêt et 2 couches de couleurs sur les murs et le plafond. Si vous rajoutez une autre couleur; comptez de 50 à 100 $ d’extra. Un placard : de 25 $ à 50 $ de plus. Par contre, vous pouvez économiser sur la peinture si le peintre se charge des achats.

« Souvent, les peintres ont des réductions sur la peinture et les matériaux d’environ 40 %, précise Alain Doiron. Il est alors avantageux pour le client de laisser le peintre l’acheter. »

À l’heure ou à forfait?

Vous pouvez aussi faire repeindre en janvier, février et mars lorsque le marché est plus tranquille. Vous économiserez de 15 % à 20 % sur les tarifs habituels qui oscillent entre 20 $ et 50 $ l’heure lorsque la peinture est incluse. Cela dit, doit-on payer le peintre à l’heure ou à forfait?

« La façon de déterminer les prix est au choix de l’entrepreneur dit Alain Doison. Évidemment, à forfait, c’est moins stressant pour le client, car il n’a pas à se soucier de la rapidité d’exécution des travaux. Il y a beaucoup de variables quand arrive le temps de tarifer le travail. Comme l’état des murs, les pièces de mobilier à déplacer, les protections à installer, etc. »

Travaux mal exécutés

Vous n’êtes pas satisfait des résultats? Si vous avez choisi un peintre qui n’a pas de licence de la Régie du bâtiment du Québec, vous n’avez aucun recours. Seuls les travaux des entrepreneurs licenciés sont couverts par une garantie légale.

« Lorsque vous faites affaire avec un entrepreneur qui détient sa licence, il doit déposer un cautionnement auprès de notre organisme pour dédommager les consommateurs en cas de non-exécution des travaux ou de travaux mal exécutés », précise Marjolaine Veillette, porte-parole de la RBQ.

« Pour régler un litige, essayez de vous entendre avec l’entrepreneur, précise-t-elle. En cas d’échec, vous pouvez porter plainte à la Régie du bâtiment qui ouvrira un dossier de réclamations. Le dossier est actif pour 6 mois, pour attendre de voir si d’autres personnes ont des réclamations. Vous serez alors indemnisés au prorata. Si vous êtes seul à avoir fait une plainte, le maximum est de 10 000 $. »

Le cautionnement de licence ne couvre pas les dommages et intérêts tels que les égratignures sur le plancher ou les meubles endommagés. Vérifiez donc que votre peintre possède une assurance responsabilité. Cela pourrait vous éviter de mauvaises surprises.

Intervenants

Alain Doiron
Enseignant en peinture
École des métiers de la construction de Montréal

Marjolaine Veillette
Porte-parole
Régie du bâtiment du Québec

Pour en savoir plus

Régie du bâtiment du Québec
http://www.rbq.gouv.qc.ca

École des métiers de la construction
http://www.itout.ca/fr/emcm