Légitime dépense


Choisir son oreiller

Émission du 10 janvier 2011

Journaliste(s) à la recherche : Dominique Sémery

Vous prenez un temps fou à choisir un matelas mais vous achetez les oreillers en vitesse. Mauvais calcul. L’oreiller est, avec le matelas, ce qui détermine la qualité du sommeil. Mais avec la multitude de produits offerts sur le marché, il y a de quoi faire de l’insomnie. Légitime dépense a préparé un guide d’achat pour vous aider à dormir sur vos deux oreilles.

Thème(s) : Ameublement , Divers

Choisir son oreiller

Vous avez du mal à vous endormir, vous vous réveillez avec des tensions dans le cou et les épaules. Peut-être que vous n’avez pas l’oreiller qu’il vous faut. En effet, un oreiller qui n’est pas adapté à votre façon de dormir peut vous empêcher de passer une bonne nuit de sommeil.

L’importance d’avoir un bon oreiller

« On néglige l’importance d’avoir un bon oreiller, nous dit Christian Jobin, président de la fédération de la physiothérapie en pratique privée du Québec. C’est important pour avoir une nuit reposante car cela a des conséquences sur notre énergie et sur notre état physique au réveil. C’est la continuité du matelas. Un mauvais oreiller peut causer des tensions, des raideurs et des maux de tête. Pour passer une bonne nuit de sommeil, on doit être dans une position où la colonne vertébrale et le cou doivent être au repos et sans tensions ni pressions. Il est donc important d’avoir un oreiller adapté à notre corps.»

Mais est-ce qu’il y a une position meilleure qu’une autre pour bien dormir et en quel est le rôle de l’oreiller ?

« À la base, la meilleure position de sommeil est sur le côté, précise-t-il. La colonne vertébrale et le cou doivent être sur le même alignement à l’horizontale. On doit idéalement avoir une portion de l’oreiller qui supporte le cou et une autre portion qui supporte la tête. La position sur le dos est mieux que sur le ventre, mais selon le matelas que l’on a, il y a une portion du dos, le bas du dos, qui ne sera pas au repos, le meilleur moyen pour que le dos soit complètement au repos serait de dormir avec un coussin sous les genoux, mais il est peu probable que cela soit confortable pour toute une nuit. »

Quels types d’oreillers retrouve-t-on sur le marché ?

Il y a toutes sortes d’oreillers, et on ne peut pas dire qu’il y a un oreiller parfait. Tout comme les matelas, il faut trouver celui qui nous convient. Mais on retrouve principalement 2 grandes catégories d’oreillers, ceux avec une forme et ceux qui n’en n’ont pas.

« Il y a les oreillers de forme standard ou classique, puis il y a les oreillers anatomiques, dit Christian Jobin. Parmi les oreillers classiques on retrouve différents remplissages comme les plumes, les fibres synthétiques ou encore le latex et différentes épaisseurs et fermetés. Ils constituent la majorité des oreillers vendus. En ce qui concerne les oreillers anatomiques, c’est surtout les personnes avec un problème, une raideur dans le cou par exemple, qui vont acheter ces oreillers. Je recommande rarement l’oreiller anatomique car, comme il est préformé, il convient souvent à une seule position, donc si l’on bouge beaucoup il peut devenir inconfortable. Il convient à certaines personnes ayant un problème particulier.»

« Il arrive qu’une personne ait acheté un oreiller avec une forme, ou anatomique, et qu’elle n’ait pas aimé l’expérience, dit Ginette Thérien de la boutique Tout pour le dos. C’est qu’il y a beaucoup de formes et de matériaux différents et il faut trouver ce qui convient à notre morphologie, notre poids, la largeur de nos épaules et la longueur de notre cou. En ce qui concerne le confort, c’est vraiment en l’essayant plusieurs minutes que l’on peut se rendre compte si des tensions s’installent ou si c’est le confort.»

Ensuite il y a la composition des oreillers dans chacune des 2 catégories. Cela va de la plume, au latex en passant par la laine et même l’eau. Quels sont les avantages et les inconvénients de chacun ? D’abord les oreillers classiques, sans formes, en plume et duvet et synthétiques. Ginette Thérien nous les décrit.

Plume

« Les oreillers classiques sont souvent en plume. On peut les mouler à notre convenance. Mais certaines personnes peuvent développer des allergies. Avec le temps, la plume dégage une poussière qui au début est microscopique mais qui avec le temps est nuisible. Beaucoup de gens se réveillent la nuit : ils sont soif, le nez bouché, etc. Ils ont l’avantage d’être les moins dispendieux. On va retrouver différentes épaisseurs et consistances, mou ou ferme. Le désavantage est qu’ils vont s’aplatir durant la nuit. Ils vont perdre de leur support au fur et à mesure. On ne les lave pas. On les entretient en les aérant et en les exposant au soleil. Leur durée de vie est de presque 10 ans. »

Prix : de 15 $ à 130 $
Cela dépend du mélange plumes et duvet. Plus il y a de duvet et plus ils sont chers.

Fibres synthétiques

« C’est le moins cher. Il est lavable et anti-allergénique, mais plus on le lave et plus on raccourci sa vie utile. Il existe dans toutes les épaisseurs. Plus il est épais et plus on va avoir une sensation de fermeté. »

On trouve beaucoup d’oreillers de forme classique rembourrés de fibre synthétique, mais il en existe aussi de forme ergonomique.

« Certains modèle sont bas de gamme et de forme classique et d’autres peuvent être plus élaborés avec une forme anatomique pour la position sur le dos et sur le côté. Il faut le changer souvent. On ne peut pas le garder plus de 2 ou 3 ans. On peut le laver à la machine en suivant les instructions du fabricant.»

Prix : De 10 $ à 80 $

Latex

« Avec les matériaux modernes, on évite l’inconvénient de la perte de forme. Le latex par exemple est un produit naturel durable. Il est réfractaire à la poussière et aux acariens. Il respire mieux que les mousses conventionnelles ou les mousses mémoires. Par contre, c’est un matériau qui à plus de rebond et qui aura une sensation plus ferme pour quelqu’un qui habitué à la plume, à la fibre synthétique ou à la mousse moulante. Les fabricants vont mouler les oreillers dans des moules tapissés de pics. Le latex sera donc plein de trous. Plus ils seront grands et rapprochés, plus l’oreiller sera moelleux. Moins il y aura de perforations et plus il sera ferme. L’oreiller en latex à une longue durée de vie soit 5 à 6 ans. Ce type d’oreiller ne se lave pas. Il faut seulement laver la housse.»

Les oreillers en latex existent aussi en version anatomique.

Prix : 55$ à 90$

Et maintenant les oreillers dit ergonomiques ou orthopédiques recommandés pour prévenir ou soigner les maux de dos ou de cou.

Mousse mémoire

« C’est la densité du matériau qui va faire que l’oreiller sera plus ou moins ferme, et cela change selon la marque et la recette de cette mousse. Certaines marques vont aussi avoir plusieurs épaisseurs pour satisfaire les différentes morphologies. Les formes aussi seront différentes selon la position préférée du dormeur, donc il est très important de l’essayer. Il résiste aux acariens. Parfois, ils sont recouverts de laine pour leur donner une qualité thermorégulatrice. Avec le temps, il va perdre de sa capacité de mémoire, sa durée de vie utile est de 5 à 7 ans. Ce type d’oreiller ne se lave pas, il faut donc utiliser une housse protectrice lavable »

Les oreillers en mousse mémoire ont une odeur assez forte quand ils sont neufs. Il faut les aérer plusieurs jours avant de les utiliser et l’odeur disparait.

Prix : de 50 $ à + de 200$ selon la marque et le format.
Le prix est proportionnel à la durabilité.

Laine

« Cet oreiller existe en format classique mais aussi avec un capitonnage qui forme une courbe cervicale. C’est un oreiller assez ferme, les européens l’aiment. Il est thermorégulateur donc il convient aux personnes qui ont très chaud ou froid. Il n’accumule pas l’humidité. Si une personne transpire beaucoup, elle préféra des fibres naturelles comme la laine et le coton qui sont thermorégulateurs Le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup de formats, donc il n’y a pas beaucoup de choix d’épaisseurs. Il est non-allergène. Pour l’entretenir, on le met au soleil et on l’aère, on ne le lave pas. C’est très durable, presque illimité »

Prix : De 60 $ à 80 $

Écales de Sarrazin

L’oreiller rempli d’écales de sarrasin est très ancien, les asiatiques l’utilisent depuis des milliers d’années. Il a de nombreuses qualités, mais il n’est pas pour tout le monde.

« C’est une catégorie à part. Soit on aime soit on déteste. C’est un oreiller que l’on peut ajuster en fonction de sa taille. On peut rajouter ou enlever des écales pour avoir un oreiller plus épais ou plus mince. Il a une bonne capacité de support. Il est généralement composé de 2 chambres qui lui donnent une forme orthopédique. Ce produit respire beaucoup, les personnes qui ont très chaud vont l’aimer, il ne retient pas l’humidité. Mais il n’est pas moelleux et il fait du bruit quand on bouge ce qui peut déranger certaines personnes. Pour l’entretenir, on peut retirer les écales, les mettre dans un sac en papier et secouer, ou les mettre au soleil. On ne doit jamais les laver. On lave uniquement l’enveloppe. Cet oreiller, comme la laine à une durée de vie presque illimité. Les Japonais utilisent ce type d’oreiller depuis 5000 ans.»

Prix : De 35 $ à 55 $

Eau

« L’oreiller d’eau à reçu beaucoup de bonnes critiques à sa sortie, nous les avons tous vendus, mais les gens à l’usage n’ont pas vraiment apprécié. De plus il y a eu des cas de fuites, explique Madame Therrien. »

« L’avantage de cet oreiller, précise Christian Jobin, est que l’on peut jouer avec sa consistance et sa hauteur car c’est nous qui le remplissons d’eau. Ils contiennent entre 2 et 5 litres d’eau. C’est une question d’essais et d’erreurs. En revanche, si on trouve la bonne épaisseur sur le côté, et que l’on bouge beaucoup, cette épaisseur ne sera pas nécessairement confortable pour la position sur le dos. Il est un peu lourd »

Prix : 60.00$
En vente dans les pharmacies

Comment savoir celui qui nous convient ?

Quand on achète un oreiller, surtout s’il est de bonne qualité, on ne veut pas se tromper car nous passons toutes nos nuits avec. Comment s’y prendre pour trouver l’oreiller de notre vie ?

« On demande au dormeur sa ou ses positions préférées, dit Ginette Thérien, s’il a plutôt chaud ou froid, s’il transpire, s’il préfère un oreiller moelleux ou ferme et s’il éprouve des douleurs au dos ou au cou. On va donc orienter le consommateur vers un produit qui va répondre à ses besoins spécifiques, mais le plus important c’est que l’oreiller lui fasse. Alors il doit absolument l’essayer pendant plusieurs minutes. »

Intervenants :

Christian Jobin
Président de la fédération de la physiothérapie en pratique privée du Québec

Mme Ginette Thérien
Copropriétaire de la boutique Tout pour le dos

Liens utiles

Tout pour le dos
http://www.toutpourledos.com

Fédération de la physiothérapie en pratique privée du Québec
http://www.physioquebec.com/fr/