Légitime dépense


Assurance-vie

Émission du 11 octobre 2010

Journaliste(s) à la recherche : Dominique Sémery

Devriez-vous oui ou non souscrire à une assurance-vie ? Si on en croit les assureurs, la réponse est indéniablement oui. En réalité, tout dépend de vos besoins. Si vous avez de jeunes enfants, une hypothèque et un seul revenu, l’assurance-vie pourrait être nécessaire pour assurer l’avenir financier de vos proches. Si à l’opposé, nous n’avez pas d’enfants et des économies, elle est probablement inutile. Pour vous aider à prendre la bonne décision, Légitime dépense a demandé à un expert indépendant ce qu’il faut considérer avant de dire oui à l’assurance-vie et quel type d’assurance choisir.

Thème(s) : Finances personnelles

Assurance-vie

Que se passerait-il si on mourait demain ? Est-ce que nos proches seraient à l’abri du besoin ? Est-ce que nos dettes seraient payées ? Que se soit simplement pour régler les frais funéraires ou alors pour mettre nos survivants à l’abri des difficultés financières, il existe une assurance-vie pour notre situation. Mais comment s’y retrouver et comment savoir le type d’assurance-vie qui convient le mieux à notre situation ?

Qu’est-ce que l’assurance-vie ?

L’assurance vie permet de protéger vos survivants ou les personnes à votre charge contre de graves difficultés financières. La police d’assurance vie est un contrat entre vous et une société d’assurances qui garantit, à votre décès, le paiement du capital assuré.

L’assurance vie procure une somme d’argent en cas de décès de l’assuré ou de sa survie à une période déterminée, par exemple à 100 ans. On peut souhaiter que le montant de l’assurance vie, c’est-à-dire le montant versé par l’assureur en cas de décès de l’assuré, soit suffisant pour payer :
- Les frais d’enterrement
- Le notaire et l’exécuteur testamentaire
- L’impôt au décès : à ce moment, la majorité des avoirs du défunt sont présumés vendus et de l’impôt peut alors être payable. À l’inverse, le montant d’AV versé par l’assureur est toujours libre d’impôt
- Les dettes de l’assuré, par exemple les cartes de crédit, l’hypothèque, le prêts personnels etc…
- Les études des enfants
- Besoins du conjoint survivant

Assurance-vie : oui ou non ?

Le domaine de l’assurance est assez complexe. Mais la première règle est de partir de vos besoins et non pas du produit. Le mieux est de demander l’aide d’un conseiller financier qui pourra évaluer votre profil et vous dire si oui ou non vous avez besoin d’une assurance-vie.

Par exemple, une personne célibataire qui n’a personne à charge n’aurait en principe aucun besoin d’assurance. À 30 ans, on a plus besoin de protection car, très souvent, on a des enfants, un conjoint, une hypothèque. À 64 ans, règle générale, on n’a plus vraiment besoin d’assurance-vie. Ce type de protection doit s’adapter aux différentes phases de la vie d’un individu.

La 1e question à se poser c’est : est-ce qu’il y a des personnes qui verraient leur niveau de vie baisser parce qu’on est décédé. Si personne n’est affecté financièrement par notre décès, vous n’avez pas besoin d’assurance.

2e question à se poser c’est : si une personne est affectée, elle va l’être pendant combien de temps ? Si on veut subvenir aux besoins de jeunes enfants jusqu’à la fin de leurs études universitaires, il s’agira d’un besoin temporaire d’environ 23 ans. C’est aussi un besoin décroissant, cet enfant aura moins besoin de nous dans 10 ans. Donc tous ces facteurs déterminent quel type de produit choisir.

• Première étape: Le bilan financier

Établir un bilan financier, c’est faire un portrait de nos actifs (maison, auto, épargne, REER) et de nos passifs non-assurés (dettes, hypothèques, prêts personnels…). Souvent on possède déjà une assurance-vie pour l’hypothèque ou pour d’autres dettes, ou encore avec son employeur. Dans ce cas, une assurance-vie additionnelle est peut-être inutile.

• Deuxième étape : Déterminer la capacité à faire face au montant de la prime à payer pour l’assurance souhaitée

Selon vos moyens financiers actuels, êtes-vous en mesure d’assumer ou non une prime d’assurance-vie? Il faut donc évaluer le budget mensuel actuel, les revenus et les dépenses et se demander si on peut assumer cette dépense supplémentaire.

Les différents types d’assurances-vie ?

Sur le marché, on retrouve principalement 2 types d’assurance-vie : la temporaire et la permanente. Elles correspondent à des besoins précis.

• L’assurance-vie temporaire – convient à la majorité des gens
Cette assurance procure au bénéficiaire une protection pour une période limitée, par exemple 5, 10 ou 20 ans. On appelle respectivement ces polices T5, T10 et T20, le « T » signifiant « temporaire ».

L’assurance vie temporaire est habituellement renouvelable à des prix qui augmentent de période en période. Par exemple, une T10 pourrait vous coûter annuellement 126 $ avant l’âge de 30 ans, 163 $ jusqu’à 40 ans, 268 $ jusqu’à 50 ans, 626 $ jusqu’à 60 ans, etc.

Dans les premières années du contrat, pour des assurés jeunes, cette assurance coûte beaucoup moins cher que l’assurance permanente. Toutefois, si l’assuré vit longtemps, le coût de l’assurance augmente beaucoup.

Dans ce type d’assurance, vous payez pour vous assurer et rien de plus. Il n’y a aucune épargne rattachée à cette forme d’assurance. Ainsi, si vous vous assurez pendant quinze ans et choisissez de ne pas renouveler le contrat, vous aurez peut-être l’impression d’avoir payé pour rien, car l’assureur ne vous remettra aucune somme d’argent.

Les primes de l’assurance-vie temporaires augmentent beaucoup quand on les renouvelle, mais il faut savoir que nos besoins vont en diminuant. Par exemple, si on a 30 ans, une jeune famille, une hypothèque, on peut aussi se dire que dans 10 ans ou 20 ans, l’hypothèque sera en partie payée et que l’on aura moins de dettes. Donc le besoin de protection diminue.

• Assurances-vie permanente :
L’autre type d’assurance, c’est l’assurance-vie permanente. Il y a plusieurs types d’assurances permanentes soit l’assurance-vie entière ou universelle.

Elle convient à une personne qui veut laisser un héritage, qui a une PME, qui a à sa charge quelqu’un qui a des besoins permanents, comme un enfant handicapé, par exemple.

Certains types de polices comportent un volet investissement, ou une option de rachat ce qui signifie qu’après un certain temps, on peut racheter, si on a besoin de fonds, une portion des primes versées jusque-là. Ce sont des assurances plus complexes.

On ne devrait pas acheter une assurance-vie avec valeur de rachat, c'est-à-dire permanente, si on n’a pas contribué au maximum à ses REER, à son CELI et remboursé ses dettes. Et ceux qui l’on fait, sont des gens un peu plus âgés et qui, de toute façon, ont souvent moins besoin d’assurance-vie !

• 50 ans +
En ce qui concerne l’assurance-vie destinée aux 50+, il faut vraiment s’assurer de ne plus être en mesure de souscrire à une assurance-vie régulière car elles coûtent cher. Avec ce type d’assurance-vie, les compagnies jouent beaucoup sur les émotions des gens en leur faisant croire qu’après 50 ans, elles ne sont plus assurables. C’est une façon d’aller chercher les plus pauvres en jouant sur la culpabilité. En cas de décès pendant les 2 premières années, ce type l’assurance-vie ne verse rien. Donc, il n’y a qu’en cas de maladies graves, un cancer par exemple, que l’on peut éventuellement prendre ce type d’assurance, et encore après plusieurs années, si la personne n’est pas retombée malade, elle peut souvent être de nouveau assurable. Un planificateur saurait bien conseiller cette catégorie de personnes.

Les prix et les coûts

Il est évident que le risque croît avec l’âge et la détérioration de l’état de santé. Plus le risque est faible pour une catégorie donnée, plus la prime est faible. Pour évaluer le risque, l’assureur prend en considération de nombreux facteurs, dont l’âge, le sexe, les antécédents médicaux et l’état de santé. Ainsi, les femmes paient en moyenne des primes moins élevées que les hommes car elles vivent plus longtemps. .

Les taux sont également moins élevés pour les non-fumeurs. Certaines assurances coûtent moins cher lors des premières années, mais leur coût augmentera périodiquement, alors que d’autres assurances ont des primes qui n’augmenteront jamais. Aussi, il existe des assurances qui ont des frais d’administration plus importants que d’autres.

À titre indicatif :

Individus, non fumeur, assurance-vie temporaire 10 ans :


Protection : 300 000 $ / 30 ans
Primes homme : 25,60 $/mois
Primes femme : 20,20 $/mois

Protection : 300 000 $ / 50 ans
Primes homme : 72,06 $/mois
Primes femme : 50,36 $mois

Protection : 100 000 $ / 30 ans
Primes homme : 12,00 $/mois
Primes femme : 10,00 $/mois

Protection : 100 000 $ / 50 ans
Primes homme : 29,21 $/mois
Primes femme : 21,17 $ /mois

Protection : 25 000 $ /30 ans
Primes homme : 6,60 $/mois
Primes femme : 5,95 $/mois

Protection : 25 000 $ /50 ans
Primes homme : 12,19 $/mois
Primes femme : 9,58 $/mois

(source site : Financière Manuvie)

Choisir le courtier en assurance

Pour acheter une assurance-vie il vaut mieux consulter un planificateur financier plutôt que de faire les démarches seul. Ça pourrait vous éviter de prendre une assurance-vie pour rien. Le planificateur financier va faire le tour de notre situation financière et évaluer si vous avez besoin ou non d’une assurance, de quel type et de quel montant.

Renseignez-vous sur les qualifications professionnelles et la formation de l’agent. Recherchez les titres d’assureur-vie agréé (A.V.A.) ou de planificateur financier. Par la suite, vous pourrez magasiner auprès de plusieurs courtiers d’assurances pour obtenir les meilleurs conseils et les meilleurs taux.

Intervenant

Denis Preston
Planificateur financier
Formateur et consultant en gestion des risques
BACHAND LAFLEUR PRESTON, Groupe conseil inc.

Liens utiles

http://www.lautorite.qc.ca

http://www.consommateur.qc.ca/acefest/dossiers/assurance-vie

http://www.clhia.ca