Légitime dépense


Choisir son couvreur

Émission du 8 mars 2010

Journaliste(s) à la recherche : Matthieu Mortézaï

Les toits en bardeau d’asphalte qui couvrent la majorité des bungalows de la province ont une durée de vie d’une vingtaine d’années. Saurez-vous repérer les symptômes vous annonçant l’agonie de votre toiture ? Et combien devrez-vous débourser pour un toit tout neuf? Légitime dépense vous offre plusieurs conseils pour choisir un couvreur fiable qui vous garantira un travail professionnel, de la soumission à la réalisation des travaux !

Thème(s) : Habitation: construction, rénovation et entretien

Choisir son couvreur

Les toits en bardeau d’asphalte - qui couvrent la majorité des bungalows de la province - ont une durée de vie d’une vingtaine d’années, voir davantage. Mais quels sont les signes avant-coureurs d’une toiture qui arrive en fin de vie, et que doit-on savoir pour être bien couvert sans trop se mettre à découvert?

Les signes qui peuvent nous indiquer qu’il est temps de refaire son toit

- La présence de granules de bardeaux dans les gouttières
- Les bardeaux ondulent et frisent

Le meilleur moment pour réparer un toit

- Au printemps. Les couvreurs sont moins surchargés de travail, et… vous aurez un meilleur prix. En plus, le bardeau aura l’été pour bien coller en place
- Il ne doit pas pleuvoir
- Éviter le temps froid pour la pose du bardeau.
- L’Association des maîtres couvreurs du Québec suggère à ses membres de ne pas faire de bardeau entre le 15 décembre et le
15 mars (ou en bas de 5 degrés Celcius). Le froid réduit la capacité d’adhérence de la bande autocollante des bardeaux, il est donc plus vulnérable au vent.
- Si un toit est refait par temps froid (urgence), on doit utiliser de la colle sur les pattes du bardeau… et le coût est plus élevé.

Le bardeau

- Un bardeau est une membrane sur laquelle on a mis du bitume des deux côtés. En gros, ce qui va changer dans les matériaux c’est le type de membrane (organique ou en fibre de verre) et l’épaisseur de bitume qu’on y aura appliqué

- Plus y a de bitume sur la membrane, plus les bardeaux seront durables… de 25 à 40 ans (garantie du manufacturier)

Refaire un toit en bardeaux d’asphalte : mode d’emploi

- Il faut d’abord protéger le terrain avec des bâches
- Enlever l’ancien bardeau avec des pelles plates
- Vérifier l’ossature/structure du toit et la réparer au besoin
- Vérifier la ventilation de l’entretoit et en ajouter au besoin
- Installer les larmiers et les solins (bandes de métal qui font le tour du toit et qui entourent les évents/cheminés)
- Installer une membrane de protection d’avant toit sur le bas du toit (membrane autocollante, matériau bitumineux élastique en rouleau) – Très important!!
- Installation de la sous-couche de feutre/papier (15 livres) sur tout reste du toit (protège le toit temporairement pendant les travaux et offre aussi une protection de plus sous le bardeau) – très important aussi!
- Installation du nouveau bardeau (on commence par le bas et on monte)
- Finition –protection des arrêtes/faîtes etc.
- Nettoyage/ramassage (souvent on utilise des gros aimants pour ramasser les clous qui sont tombés)

Coût pour refaire un toit en bardeau d’asphalte sur un bungalow standard

On peut s’attendre à payer entre 3500 $ et 4500 $. Il faut calculer autour de 2 $ le pied carré (s’il n’y a pas de pépin majeur). C’est beaucoup moins cher qu’un toit plat.

Ce qui fait varier le prix

- Superficie plus grande
- Pente élevée (dur de marcher de dessus, nécessite échafaudage, peut faire doubler le prix)
- Qualité des matériaux
- Complexité du toit (lucarnes, pignons = plus cher)
- Réparation de la structure avant la pose
- Ajout de ventilation
- Installation en conditions froides

Comment trouver un bon couvreur et superviser les travaux

- On demande plusieurs soumissions et on vérifie la licence RBQ de l’entrepreneur. Faire trois estimés…
- On se renseigne pour savoir depuis combien de temps le couvreur est en affaire. S’il fait faillite, il n’y a plus de garantie…
- On s’informe sur les matériaux utilisés et leur garantie
- On s’assure que l’entrepreneur met une membrane d’étanchéité en bordure du toit, jusqu’à l’équivalent d’un mètre après le mur et qu’il met aussi une couche de papier feutre «15 livres» sur tout le reste de la surface du toit.
- La ventilation de l’entretoit. Très important. Vérifier que les solives ne sont pas bouchées par du contreplaqué ou de la mousse isolante et qu’il y a une trappe d’air
- On paie le couvreur une fois que les travaux sont terminés. Il faut d’abord faire une inspection du toit et du terrain avec l’entrepreneur quand tout le travail est fait…
- Si l’entrepreneur est incapable d’avancer l’argent des matériaux… lumière rouge!
- Idéalement, faire affaire avec un couvreur qui est membre de l’Association des maitres couvreurs du Québec (AMCQ). On trouve une liste des membres par région sur leur site web.

Important : la garantie

- Il y a la garantie des matériaux qui est offerte par le fabricant et la garantie du couvreur qui assure sont travail
- Le couvreur a l’obligation d’offrir une garantie d’au moins 5 ans, parfois plus.
- La garantie est transférable aux futurs acheteurs de la maison

Si notre couvreur n’est plus en affaire, cette garantie ne vaut plus rien et il n’y a pas de recours… Il est important de bien se renseigner sur les gens avec qui on fait affaire avant de signer un contrat!

Intervenants

Clément Verreault, estimateur Entreprises Chatel

Éric Papineau , directeur du département des inspections Association des maîtres couvreurs du Québec

Références et sites web

Association des maîtres couvreurs du Québec
http://www.amcq.qc.ca/BABEL/